Congo-Kinshasa: Franchir le pont

Le châtiment de ce dicton : "la loi est dure mais c'est la loi", qui, du reste, est tiré de la langue latine, a frappé Dolly Makambo, comme pour signifier que nul n'est et ne peut être au-dessus de la loi.

Ce Ministre provincial de l'intérieur et sécurité de la ville de Kinshasa a été condamné, ce jeudi 21 novembre, à 10 ans de servitude pénale pour incitation des militaires à commettre des actes contraires aux devoirs et à la discipline, dans l'affaire du meurtre de Belvice Nkulu Ilo, administrateur général du Centre de santé Vijana, tué le 30 octobre dernier par un policier de la suite de sécurité de Dolly Makombo, alors qu'il s'opposait, de droit, à la spoliation de cette structure sanitaire.

Déjà, à l'instar de Dolly Makambo, Bakachuraki Semeyi, propriétaire de la parcelle abritant CS Vijana, a aussi écopé de la même condamnation de 10 ans de prison, alors que Gaëtan Ekawa alias "Ekanga nyama", quoiqu'il soit jusqu'à ce jour en cavale depuis sa poudre d'escampette, a été, bien évidemment, condamné à la peine capitale, pour avoir tiré à bout portant contre cet agent de santé. Et, nonobstant le fait que l'opinion soit ainsi divisée sur la responsabilité directe de ce membre du Gouvernement Ngobila dans ce terrible assassinat qui a fait jaser la toile, tout quidam salue vraisemblablement l'aboutissement de ce procès traité en flagrance, sans qu'il soit classé sans suite ou en litispendance, comme l'a été et comme l'est, malencontreusement, plusieurs affaires qui concernent des autorités publiques ou leurs proches.

Ce verdict rendu par la Haute Cour militaire constitue véritablement un signal fort de l'Etat de droit prôné par Félix Tshisekedi ainsi que son parti géniteur : UDPS. Toutefois, loin de faire office de rabat-joie, plusieurs analystes sous-tendent, par ailleurs, que l'affaire Dolly Makambo n'est qu'une assertion trouvée dans la grande équation mathématique composée des dossiers de plusieurs personnalités notamment, la saga de 15 millions de USD ponctuée à une retro-commission, dans laquelle est citée le nom de Vital Kamerhe. Il y a aussi cette problématique d'invalidation, validation et revalidation des députés à la Cour Constitutionnelle qui, jusqu'à ce jour, ne cesse de mettre plusieurs personnes en rogne. Il est donc question de prouver, à travers les autres affaires pendantes, l'effectivité de l'Etat de droit, en menant entre autres des réformes profondes, comme l'insiste le Comité Laïc de Coordination (CLC). Cette structure catholique qui, après sa dernière marche presque-ratée, a promis de continuer sa croisade pour lutter contre l'impunité et pour des éclaircissements dans le dossier #15 millions USD. Oui, Dolly Makambo est conduit à la prison centrale de Ndolo ; mais cette seule action ne suffit pas. Il faut franchir le pont vers d'autres affaires houleuses. Rideau !

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