Congo-Kinshasa: « Lamuka » miné par la guerre des chefs

22 Novembre 2019

Après avoir fait mine de cheminer ensemble au lendemain de l'investiture de Félix Antoine Tshisekedi comme 5me Président de la République Démocratique du Congo, les opposants regroupés hier au sein de « Lamuka, apparemment acquis à la défense de « la vérité des urnes » jusqu'au bout, cherchent aujourd'hui chacun sa voie.

Personne, à ce stade, ne veut servir de marchepied à autrui. On peut apprécier, à cet effet, leur refus de s'entendre pour un candidat unique pour le poste de Rapporteur adjoint de l'Assemblée Nationale. On laisse entendre que Jacques Lungwana a bénéficié du soutien des députés FCC pour finalement enlever la mise hier au Palais du Peuple.

Pour ce qui est de la course au poste de Porte-parole de l'Opposition, l'interface officielle de la coalition Cach-FCC actuellement au pouvoir, Katumbi, Bemba et Fayulu ne semblent pas prêts à se faire des concessions.

Freddy Matungulu était le premier à prendre ses distances, en acceptant la main tendue du nouveau Chef de l'Etat pour aller siéger, pendant trois ans, au Conseil d'Administration de la BAD (Banque Africaine de Développement), pour le compte non seulement de la RDC, mais aussi du Gabon, du Congo/Brazzaville, de la République Centrafricaine, du Cameroun et du Tchad.

Bénéficiaire de premières mesures de libération des prisonniers politiques et d'opinions ainsi que de retour au pays des exilés politiques, Moïse Katumbi travaille présentement pour la création d'un méga parti politique, après avoir fait semblant de piloter « Lamuka » de mai à juillet 2019 et de redynamiser « Ensemble pour le Changement », un regroupement politique pourtant créé à son initiative. On sent que l'ancien gouverneur de l'ex-province du Katanga cherche à se démarquer de tous ses anciens alliés politiques au sein de l'opposition, en vue de se positionner comme seul maître à bord de sa formation politique en chantier, vraisemblablement en prévision des échéances de 2023. On le soupçonne de lorgner sérieusement le poste, encore vacant, de porte-parole de l'opposition, lequel le mettrait sur orbite dans le cadre de l'opposition républicaine tant souhaitée par le Président de la République, même si ses anciens partenaires politiques du PPRD (Parti du Peuple pour la Démocratie et le Développement) sont foncièrement opposés à son rebondissement politique.

De son côté, Jean-Pierre Bemba, Coordonnateur totalement inactif de « Lamuka » d'août à octobre 2019, est plus préoccupé par sa « résurrection politique », qui devrait passer par son blanchiment au niveau de la CPI (Cour Pénale Internationale), dans l'affaire de subornation des témoins, que par un quelconque appui politique à quelque opposant.

Quant à Adolphe Muzito, contraint de s'accrocher à Martin Fayulu après sa rupture avec le Palu (Parti Lumumbiste Unifié), il n'est visiblement pas pressé de prendre les commandes de « Lamuka », devenu presqu'un bois mort, pour succéder à Jean-Pierre Bemba.

Martin Fayulu, à qui tous les ex-poids lourds de « Lamuka » refusent clairement de prêter des béquilles, parait comme un homme seul, contraint de se créer une « base », en vue d'exister politiquement jusqu'à l'horizon 2023.

On assiste également à de petites révolutions internes. Tel est le cas de la rupture de Bertrand Ewanga avec Moïse Katumbi, pour monter son propre parti politique. Le décor de l'heure indique que « Lamuka » n'existe plus que de nom. S'agissant de leurs ambitions politiques, chacun de ses anciens sociétaires entretient un agenda caché.

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