Sénégal: Plateforme Campusen pour l'orientation des bacheliers - SAES parle de «boite noire»

22 Novembre 2019

Le syndicat autonome de l'Enseignement supérieur (Saes) qualifie la plateforme Campusen de «boite noire» dont le fonctionnement est d'une «totale opacité, viole depuis des années, avec la bénédiction du ministère de tutelle, le décret n°2016-1805 relatif à l'orientation des bacheliers, mais également prive les jeunes bacheliers sénégalais du droit de bénéficier d'une meilleure orientation en rapport avec leurs aspirations».

Les camarades de Malick Fall, secrétaire général du Saes, réitèrent son souhait de voir un audit technique de la plateforme d'orientation, en réponse à la cacophonie et des dysfonctionnements notés dans le processus d'orientation des nouveaux bacheliers 2019.

AUCUN PREALABLE N'A ETE RESPECTE

En septembre dernier le Saes posait des préalables pour l'orientation de tous les bacheliers dans les universités publiques. Il s'agissait de l'achèvement et la livraison avant la prochaine rentrée universitaire de toutes les infrastructures équipées dans tous les campus, l'ouverture immédiate de 400 postes d'enseignants-chercheurs, l'augmentation conséquente dès 2020 de la dotation de l'Etat aux universités publiques pour atteindre l'objectif «budgets de vérité».

Dans la note envoyée à notre rédaction hier, jeudi 21 novembre, le Saes soutient avoir constaté avec regret, «qu'à ce jour aucune de ces conditions préalables pour une rentrée académique apaisée n'a été respectée. Qui plus est, les mesures d'accompagnement annoncées par le gouvernement, qui semble être dans une totale impréparation, ne sont pas en place alors que les nouveaux bacheliers frappent aux portes des universités publiques déjà affectées par les effectifs pléthoriques, le manque criard d'infrastructures et d'enseignants et l'insuffisance des budgets».

Pour ne pas compromettre définitivement la stabilité du sous-secteur de l'enseignement supérieur, le Saes exige, une fois de plus, du Gouvernement de mettre en œuvre immédiatement les mesures d'accompagnement nécessaires à l'accueil des nouveaux bacheliers et de situer toutes les responsabilités à la suite des dysfonctionnements notés dans le processus d'orientation des bacheliers. Sur ce dernier point, il invite le ministère à prendre toutes les mesures correctives pour un respect du décret n°2016-1805 relatif à l'orientation des bacheliers.

PLATEFORME CAMPUSEN : «La dernière épreuve du BAC ?», selon Bara Diaw

Le responsable éditorial du Groupe Info Etudes, Bara Diaw, a critiqué sévèrement la fonctionnalité de la plateforme campusen. Pour ce développeur des sites web et applications de gestion, «avec Campusen, il ne s'agit plus de déterminer les orientations scolaires et universitaires voire socio-professionnels du bachelier, mais de son placement dans une faculté déjà pleine ou dans une université qui n'existe que de nom».

Le débat sur la plateforme campusen est en train de s'élargir par la contribution des syndicats et autres universitaires, des acteurs du monde de l'éducation. C'est le responsable éditorial du Groupe Info Etudes, Bara Diaw, qui en ajoute une couche en ces termes : Orientation bacheliers : Et si «Campusen» était la dernière épreuve du BAC ? Il donne un début de réponse à sa question : «En effet, après 3 mois d'attente, de patience et d'espoir, les heureux bacheliers de 2019 ont l'impression de tomber sur une autre épreuve du Bac : son nom, Campusen !».

Sa contribution pose la problématique du processus d'orientation des nouveaux bacheliers avec ou sans mention. Pour Bara Diaw, ces potaches paient aujourd'hui les carences cumulées d'un système inadapté. C'est la précarité dès les premiers mois d'après Bac. Car, indique-t-il, «au Sénégal, l'orientation des bacheliers est devenue un sérieux problème, une question récurrente. Tenez-vous bien ! En 2019, l'Etat peine à orienter. Oupss ! à placer 45 000 bacheliers dans l'enseignement supérieur».

Avec Campusen, M. Diaw fait savoir qu'il ne s'agit plus de déterminer les orientations scolaires et universitaires voire socio-professionnels du bachelier, mais de son placement dans une faculté déjà pleine ou dans une université qui n'existe que de nom. «C'est le Bachelier qui fait les choix. Mais, en réalité ce n'est que dans la forme. Dans le fond, il n'a pas son mot à dire. Il finit donc par se contenter (au mieux) d'un rôle de spectateur. Il ne choisit plus, il subit», déplore-t-il.

Autrement dit, toujours sur l'orientation, Bara Diaw soutient que «techniquement, la plateforme n'est pas responsive. Pour être simple, en y accédant via un téléphone, vous n'aurez pas accès à toutes les fonctionnalités, même les plus basiques».

Le diplômé de l'Université Mouhamed 1er de Settat (Maroc) indexe le déficit de communication et de clarté autour des orientations, pouvant permettre aux bacheliers de saisir tous les profils de sortie des offres de formation proposées aux universités et instituts supérieurs d'enseignement professionnel.

En effet, Bara Diaw estime que «les bacheliers, de 2013 à aujourd'hui, n'ont aucune vraie bonne information sur les critères d'orientation de la plateforme». Avant d'ajouter : «on trouve que l'Etat tente de régler un autre problème (le surplus des universités) par un autre problème (la mauvaise orientation)». Bara Diaw, développeur des sites web et applications de gestion pour les entreprises et institutions, préconise une application mobile facile à utiliser et sécuriser de Campusen pour accompagner les bacheliers. Qui plus est, il prône une stratégie d'information et d'orientation des élèves avant même leur admission au Baccalauréat.

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