Congo-Brazzaville: Patrimoine - Les archives nationales intègrent l'ère du numérique

Quatre experts œuvrant dans le domaine ont édifié, le 20 novembre, à l'Institut français du Congo (IFC), l'auditoire sur l'historique des archives de l'Afrique équatoriale française (AEF) et celles du Congo.

L'activité a été organisée par l'IFC, en partenariat avec le ministère de la Culture et des arts, les Archives nationales et municipales, la mairie de Brazzaville, les ministères de l'Enseignement supérieur, de l'Education primaire, secondaire et de l'alphabétisation. Une table ronde a été animée à cette occasion par le directeur des Archives nationales, Brice Owabira; le concepteur du nouveau site, Nelson Cishugi; Tall Boukambou, documentaliste, cinéaste; et Albert Mbon, archiviste.

Tour à tour, ces experts ont expliqué les missions de cette structure. Le directeur des Archives nationales, les présentant brièvement à l'ère du numérique, a fait s'avoir qu'elles sont un organisme de l'Etat en charge de la conservation des documents des organismes centraux, excepté ceux des ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères. En dehors de ces deux ministères, les Archives nationales, a-t-il indiqué, ont la mission de conserver tous les autres documents produits par les services de l'Etat. Il a ajouté que certains documents privés, qui ont un intérêt public, sont gardés aussi par les Archives nationales.

« Les Archives nationales sont rattachées au ministère de la Culture et des arts, elles ont été créées en 1971 par décret du19 septembre 1971. A leur création, elles étaient une direction générale du service de bibliothèque, d'archives et de documentation », a-t-il expliqué.

D'après lui, cette structure conserve essentiellement deux catégories de ressources documentaires, à savoir le fonds ancien constitué des archives de l'AEF et les archives post coloniales à partir de 1960. De 1971 à une certaine année, les archives ont été gérées de façon physique, c'est-à-dire non électronique. « Ce n'est qu'à partir de 2015 que nous avons pris l'engagement de faire connaître ce fonds qui n'était pas connu du grand public, en créant, avec le concours de nos collègues des Archives de France, un portail en ligne. Cet outil a été créé pour s'adapter à l'ère du numérique. Mais, au fil du temps, quand le Cfrad a été effondré, nous avons commencé à réfléchir au moyen de faire que les archives de l'Afrique équatoriale française que nous avons puissent être consultées. Nous avons lancé un premier texte de numérisation de certains documents, c'est à partir de là que nous avons créé un site. Je peux dire que les archives nationales congolaises sont en route pour s'intégrer à l'ère du numérique », a assuré Brice Owabira.

" Des documents uniques et irremplaçables"

Nelson Cishugi, concepteur dudit site, a révélé que celui-ci prend en compte tout ce qui est fonds ancien. « Nous sommes en train de créer en même temps un portail mais aussi un élément de recherche. Nous avions rassemblé certains documents sous certains thèmes », a-t-il indiqué.

Albert Mbon, premier archiviste congolais, a, quant à lui, parlé des archives de l'AEF, de la colonisation à la création des Archives nationales. Pour lui, ces documents coloniaux, classés en trois catégories, à savoir les archives métropolitaines, fédérales, territoriales et locales, sont uniques et irremplaçables. « En effet, c'est à partir de 1945 que l'on a pensé à organiser les archives. C'est le gouverneur Bayardelle, dont le nom a été donné à l'un des établissements de l'Université Marien-Ngouabi, qui prend le premier arrêté en 1945 pour organiser les archives mais en réalité, c'est en 1950 qu'on va créer un service central des archives de documentation pour toute l'AEF. Ce service disparaît en 1960 avant l'indépendance du pays », a signifié l'archiviste.

A sa création en 1971, a-t-il poursuivi, le fonds des archives nationales avait été confié à l'université. Aujourd'hui, il est constitué des archives de l'AEF, du service central de la statistique de l'AEF, du Moyen-Congo et des archives nationales. Quant fonds territorial, a-t-il précisé, il se trouve à Pointe-Noire qui abritait jusqu'à l'indépendance la capitale du Moyen- Congo

De 1960 à 1970, excepté le Sénégal, a regretté l'expert, il y a eu comme un vide dans tous les Etats africains, au sortir des indépendances. L'Etat sénégalais, a-t-il dit, avait signé avec la France une convention grâce à laquelle Dakar abrite jusqu'aujourd'hui les archives de la Fédération de l'Afrique occidentale française. C'est la conférence de Kampala en 1970, a-t-il fait savoir, qui recommandait aux Etats africains de créer un système intégré de bibliothèque et d'archives.

Pour sa part, Tall Boukambou, producteur, documentaliste, président de la Maison d'archives Congo, a déclaré: « J'ai cherché les archives écrites malheureusement, je les ai trouvées chez les particuliers. Or quiconque veut connaître l'histoire de son pays, sa ville, doit pouvoir accéder aux archives. Nous étions la capitale de l'Afrique équatoriale française, à ce titre, nous sommes dépositaires d'une bonne partie de la mémoire des pays de l'Afrique centrale. Nous étions également la capitale de la France libre, nous avions eu Radio Brazzaville, des archives sonores, nous avions eu la première télévision en Afrique subsaharienne, aujourd'hui, nous avons des archives de 1962 à 2015. Les archives sont très importantes, je les paye chères », faisant allusion aux difficultés qu'il a rencontrées pour produire son film sur Brazzaville.

Signalons que certaines archives précoloniales, post coloniales et coloniales sont exposées au hall de l'IFC.

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