Congo-Brazzaville: Photographie - Le Collectif Elili présente des images des années 1950 à 1980

L'exposition des anciennes photos, ouverte le 18 novembre à l'hôtel Olympic palace de Brazzaville, sur le thème « Parle-moi de ta famille », fermera ses portes à la fin de ce mois.

L'idée de l'exposition, a indiqué Francis Kodia, responsable du Collectif Elili, est partie de la consultation des albums familiaux qui cachent beaucoup de richesses, des histoires de familles dont certains membres ont quitté ce monde ou ont un âge avancé. Il s'est appuyé Amadou Hampaté Ba, qui disait que « Lorsqu'un vieux meurt en Afrique, c'est toute une bibliothèque qui brûle ». Pour les photographes du Collectif Elili, c 'est donc le moment d'aller vers ces bibliothèques, les interroger pour recueillir les informations cachées.

La photographie, a soutenu Francis Kodia, ne doit pas être un métier relégué au second plan, argumentant qu'on ne peut pas parler de communication sans la photographie, déposer un dossier quelque part sans insérer la photo, etc. C'est pour dire que la photographie est au premier plan. Ce qu'il y a lieu de faire, selon lui, c'est de pousser les jeunes à considérer la photo comme un métier qui a plusieurs branches, entre autres, la photographie de studio, de paysage, de recherche, de reportage.

« Un artiste photographe est différent d'un photographe simple, parce que la photographie, c'est écrire avec la lumière. C'est toi qui créées, qui imposes, qui donnes ta marque, ton écriture à toi. C'est ça être un artiste, c'est le cas des photographes du Collectif Elili. Nous ne gardons pas nos informations, bien au contraire, nous les partageons avec les autres. Nous sommes prêts pour accompagner nos frères photographes qui ne sont pas dans le collectif, partager notre expérience avec tout le monde », a-t-il lancé aux autres photographes.

"La photographie doit cesser d'être un métier péjoratif"

A l'ouverture de l'exposition, le Pr Matondo Kubu Turé, est intervenu sur le thème « L'enjeu social de la photographie ; quel est le rôle qu'elle peut jouer dans la société congolaise ?». Il a insisté sur le fait que la photo en général ne doit pas être considérée comme un objet du passé, car c'est grâce à la connaissance du passé et du présent qu'on peut se projeter dans l'avenir. Et la photo, d'après lui, a ce privilège de rassembler le passé, le présent et l'avenir pour constituer, d'un point de vue culturel, un grand développement pour le pays.

Félicitant le Collectif Elili pour son initiative, le Pr Matondo Kubu Turé l'a invité à multiplier ce genre d'expositions. « Les musiciens se sont battus pour se faire considérer. Au départ, on les prenait pour des voyous, aujourd'hui, ils sont devenus respectables et partagent les repas à table avec les autorités ; ils arrachent des gros contrats. Cela n'a pas été facile, ils se sont battus pour y arriver là. Vous devez vous battre aussi. Mais l'espoir y est. Car au départ, les gens se moquaient des photographes, mais aujourd'hui, on les félicite. Parmi eux, il y en a même qui ont été décorés par le président de la République, à l'instar de André Désiré Loutsono dit Kinzenguélé, Lebon Chansard Ziavoula dit Zed», a-t-il encouragé, insistant que la photographie doit cesser d'être un métier péjoratif.

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