Algérie: Cannibale", une nouvelle pièce au Théâtre régional de Béjaia

Bejaia — "Cannibale", la nouvelle pièce du Théâtre régional de Bejaia (TRB), dont la générale a été donnée jeudi soir, a résonné comme un cri de révolte contre la misère humaine et un de ses corollaires, le trafic d'organes.

Son metteur en scène, le dramaturge Omar Fatmouche, n'a pas mis de gants pour exposer le phénomène dans toute sa cruauté, quittes parfois à en exacerber les contours et la substance. Ainsi, dans sa dramaturgie, il fait une place centrale au four crématoire, conçu comme un prolongement naturel des salles d'opérations au sein desquelles se réalisent clandestinement les prélèvements et les transplantations d'organes.

Une fois les parties jugées intéressantes retirées du corps, les carcasses restantes et leurs viscères sont machinalement vouées au feu et calcinées.

Dans ces endroits où il est mis fin à des vies pour en sauver prétendument d'autres, il n'y a pas de place, encore moins de temps et d'argent, pour les cérémonies funéraires en effet. Et la purification passe tout bonnement par la flamme.

La chronique en fait s'ouvre sur un fait anodin. L'histoire d'une journaliste qui débarque dans une clinique pour des soins esthétiques, mais qui, rapidement, en découvre la face cachée. L'espace du rêve qu'elle supposait n'en était rien d'autre qu'une boucherie à ciel ouvert, géré par une mafia et par des médecins qui en avaient tous les attributs.

La valeur de patients se mesurait à l'aune de leur position sociale, selon qu'ils étaient riches et prêts à payer ou pauvres et ne méritant pas de vivre par conséquent. La sélection est faite d'emblée et les corps triés sur décompte mercantile. Les uns voués à la félicitée et la vie éternelle, et d'autres voués à la souffrance et à l'extinction. "De toute façon les misérables et les parias empêchent le monde de tourner", rétorquera une mafieuse en chef dans la pièce, qui se voyait déjà mettre ce même "monde à ses pieds" au regard de l'ampleur des misérables et des miséreux.

La chronique est inspirée de faits vécus pour l'essentiel à l'étranger.

Mais, certains se sont déroulés en Algérie, dira Fatmouche, qui estime, par son texte, vouloir seulement tirer la sonnette d'alarme sur ce phénomène qui prend une ampleur mondiale, n'épargnant aucun continent.

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