Congo-Brazzaville: Cimenterie nationale - Plus de sept cents millions de dollars investis

Le secteur reste stratégique pour la République démocratique du Congo (RDC) aussi bien par sa capacité à attirer des investissements lourds et à forte valeur ajoutée localement que par sa contribution incontournable à la transformation du pays. Cependant, pour atteindre le niveau de rentabilité nécessaire, les cimentiers devront attendre le démarrage d'autres grands travaux d'infrastructures d'envergure.

En se référant à la documentation de la Banque centrale du Congo (BCC), l'industrie locale du ciment continue à enregistrer un faible taux d'utilisation de sa capacité installée, près de 16 % en janvier 2017, et le record de 52 % en février 2019. La BCC situe la tendance du taux d'utilisation de la capacité installée autour de 40 à 50 %.

Selon quelques données reprises dans les statistiques de la BCC, la production de 2018 se situe à 1,842 million de tonnes de ciment, dont 1,825 tonne consommée localement. Par ailleurs, les cimentiers ont pu stocker plus de quatre-vingt mille tonnes au cours de cette période. Une année après, en prenant en compte la production jusqu'à avril de l'année en cours, le pays a produit trois cent quatre-vingt-dix-sept mille tonnes de ciment, dont trois cent quatre-vingt-dix mille consommées localement. Ici, l'on parle de plus de quatre-vingt-dix mille tonnes stockées au cours de cette période.

Réagissant à ce débat, plusieurs experts apportent des éléments très intéressants. En fait, selon eux, il existerait de nombreuses explications à cette faiblesse, en dépit d'une mesure d'interdiction de l'importation du ciment gris, qui s'applique exclusivement dans la partie ouest du pays. Un choix stratégique parce que les investissements les plus lourds se trouvent dans cette partie. Au sujet des effets réels de cette mesure sur le terrain, les avis restent partagés.

En effet, nombre d'experts estiment tout simplement que les efforts du pouvoir public sont encourageants mais il en faut encore plus. Selon eux, le secteur du ciment, éminemment stratégique pour le pays, n'est toujours pas bien protégé par l'État à ce jour. Si d'autres admettent un certain impact sur le marché local, particulièrement au niveau des ventes à la hausse, le défi à relever exigera une plus forte implication du gouvernement de la République.

En analysant de manière plus spécifique la faiblesse du taux d'utilisation des capacités installées, les chiffres provenant du secteur de la cimenterie sont plus alarmants, évoquant une moyenne d'à peine 30 %. Toutefois, il s'agit d'une moyenne tout-à-fait en phase avec le niveau de la demande courante qui reste également très bas par rapport à la capacité de production réelle de l'industrie du ciment. Le déclic tant attendu pourrait-il provenir d'un renforcement des investissements locaux ?

Rien n'est sûr. La plupart de ces sociétés, particulièrement celles créées récemment dans de l'ouest du pays, ont mis sur pied une chaîne de production intégrée plutôt moderne utilisant les dernières technologies. Ce déclic devrait plutôt être l'œuvre d'une hausse considérable de la demande courante. Outre les besoins de transformation de l'environnement qui exige du ciment, le démarrage de plusieurs grands travaux comme les barrages, les ports et autres infrastructures recourant systématiquement au béton va booster le taux d'utilisation. Pour rappel, rien que pour la partie ouest de la RDC, les cimentiers sont en mesure de produire plus de trois millions de tonnes par an.

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