Madagascar: KFC Qu'est ça fait ?

opinion

Nous ne sommes pas à la sortie d'une période de pénurie de style ratsirakien (1982-1988), où tout manquait, mais plutôt un temps d'abondance des biens où pour beaucoup il ne manque que de l'argent.

La venue du géant du fast-food américain KFC (Kentucky Fried Chiken), qui, malgré un produit plus que banal, du poulet frit, mais vendu hors de prix, nous met devant un paradoxe. La vue de l'engouement des clients du KFC au Water front nous rend pantois. A croire que les Malgaches ne sont pas si pauvres quand tant de monde se rue sur un morceau de poulet et débourse plus de 20.000 ariary. Les apprentis économistes diront que c'est ce qu'on appelle l'Effet Veblen, ou tout simplement que plus les prix de certains produits augmentent, plus on en demande, c'est le cas des parfums de luxe par exemple, si leurs prix baissent s ils se dévalorisent aux yeux des consommateurs. Un Ploum Ploum qui ne coûte que trois fois rien n'aura grâce devant personne.

« J'y étais » pavoise-t-on dans les réseaux sociaux pour cet amour soudain de cette volaille, il est fort à parier que cet effet Veblen sera éphémère quand comme dans les 22.000 autres restaurants KFC on y ira simplement pour manger (remplir sa panse) et non pour parader et l'on verra que la ruée n'était qu'un effet de snobisme.

Autre chose, on sait que c'est un groupe mauricien spécialisé dans l'aviculture qui a acheté la franchise de KFC pour Madagascar, on ne peut que louer cette initiative ne serait ce que pour la bonne visibilité de notre économie avec la venue de cette enseigne d'envergure mondiale.

Mais l'on ne peut s'empêcher de parler des tracasseries dont sont victimes les opérateurs malgaches quand ils veulent s'implanter à l'île Maurice. Le groupe Gastropizza aurait été une de ces victimes en voulant investir là-bas. Ou, encore de cette mansuétude dont font preuve les autorités de l'Île sœur quand les draps ou nappes brodés manuellement par des artisans malgaches sont affublés abusivement de « Made in Mauritius », ou encore de ces produits agricoles ayant toutes les peines du monde pour passer à travers les règles phytosanitaires. Et pourtant, les deux pays sont actifs dans l'intégration régionale au sein des organisations régionales et continentales. Notre propos est de ne pas passer le savon (mauricien !!) sur quiconque, mais que l'amour entre les deux îles sœurs soit seulement comme celle entre le poulet et sa peau qui dure jusqu'à la mort. (Toy ny lamban'akoho (KFC) ka faty no isarahana.)

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

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