Congo-Brazzaville: Infrastructures - La route des forestiers en chantier

L'artère permettra la libre circulation des grumiers et camions de transport des marchandises après l'entrée en vigueur, le 20 décembre, de la circulaire interdisant le passage des poids lourds sur le tronçon Owando-Yié.

Le ministre de l'Equipement et de l'entretien routier, Emile Ouosso, a lancé, le 22 novembre à Ewo, dans le département de la Cuvette ouest, les travaux d'aménagement de la route nationale n°10 (RN10) au tronçon Ewo-Onguia (66+400km), l'un des modules de la route dite des forestiers. Ces travaux ont été confiés à la société Dejia Wood, y compris la construction du pont sur la Ngoko, à Kebouya (34+400), dans le même département.

Ce projet routier fait partie des projets impliquant les sociétés forestières en activité au Congo, au terme d'un partenariat entre elles et le gouvernement.

La réhabilitation de la RN10 sera mise en œuvre par le protocole d'accord technique n°148, du 7 octobre dernier, pour un financement, par l'Etat congolais, de 4 709 685 565 FCFA. Cette route sera construite conformément aux normes forestières pour les terrassements et celles des travaux publics pour la construction du pont sur la rivière Ngoko.

Alors que se développait la dorsale ouest du pays, le gouvernement s'attelait à construire la RN1 sur ses tronçons Pointe-Noire-Dolisie et Dolisie-Yie et la RN2, sur ses tronçons Owando-Makoua-Mambili et Mambili-Liouesso-Ouesso aux normes édictées par le code de la route en zone Cémac, entré en vigueur en 2001. « Depuis l'arrêt des travaux sur différents fronts de nos routes et notamment sur la RN2, au tronçon Yie-Owando, il a été observé une dégradation continue et très prononcée suite à l'accroissement du trafic des grumiers et aux surcharges. La poursuite de la dégradation de la RN2 l'expose à coup sûr à de sérieux risques de coupure », a déclaré Blaise Onanga, directeur général de l'Entretien routier.

Cependant, la RN2, sur ses tronçons Brazzaville-Etsouali, Etsouali-Obouya et Obouya-Owando, construits dans la période allant de 1963 à 1984 sous l'ancienne législation coloniale du 4 octobre 1932, la route subit une forte sollicitation, notamment avec le trafic lourd des grumiers et le transport des matériaux de construction des différents chantiers de la partie septentrionale du pays, des produits pétroliers et surgelés. « A l'instar de la RN1, présentement en concession, la RN2 était prévue intégrer cette même concession dans quelques années sous réserve que l'Etat congolais ait réhabilité et renforcé le tronçon Brazzaville-Owando pour un trafic T3, soit mille à trois mille véhicules par jour », a fait savoir Blaise Onanga.

Dans le processus de remise à niveau de la RN2, tronçon Brazzaville-Owando, la priorité a été donnée aux tronçons les plus dégradés, à savoir Djiri-Ingah, confié initialement à la société Escom, Etsouali-Oyonfoula, à la société Socofran, enfin Gamboma-Ollombo, confié à la société SGEC-Congo. « Les travaux desdits tronçons ont été amorcés mais faute de financement, des travaux sont suspendus depuis quelques années à l'exception du traitement de quelques points noirs sur le tronçon Djiri-Ingah par la société CSCEC », a-t-il souligné.

Un nouvel itinéraire pour les poids lourds

Pour remettre en l'état ce patrimoine routier, le gouvernement a décédé de la mise à niveau progressive de la RN2 sur son tronçon Brazzaville-Owando. Ainsi, il a également décidé que pendant la durée des travaux qu'impose cette mise à niveau, la circulation sera strictement interdite aux camions grumiers, d'une part, et aux transports lourds des marchandises, au-delà d'un poids total autorisé en charge de trente tonnes, d'autre part, et ce, conformément aux prescriptions contenues dans la circulaire n°0010/PM-CAB du 3 novembre 2019, relative aux mesures conservatoires pour la préservation du patrimoine routier national bitumé.

Selon cette circulaire, le trafic des camions grumiers et des transports lourds des marchandises empruntera, à partir du 20 décembre, la route dont l'itinéraire est Owando-Ngoko-Kemvouomo-Ewo-Onguia-Okoyo-Okali-Lekana-Kebara-Ingoumina (Zanaga)-Mapati-Missama-Makabana-Mila Mila-Mandzi-Nkoungou (Hinda)-Lemba-Pointe-Noire et les bretelles dites route des forestiers. « Les usagers de la route peuvent transporter leurs biens de Sembe dans la Sangha, d'Ewo dans la Cuvette ouest, de Lekana dans les Plateaux, de Zanaga dans la Lékoumou et de Mossendjo dans le Niari pour le port de Pointe-Noire sans recourir à la RN2, Ouesso-Brazzaville ni à la RN1, Brazzaville-Pointe-Noire », a indiqué le directeur général de l'Entretien routier.

La route dite des forestiers, dorsale ouest du pays, est inscrite, depuis quelques années, en bonne place parmi les défis auxquels s'attelle le gouvernement dans sa politique de développement des infrastructures routières de plus en plus proches des bassins de production.

Pour mémoire, ce ministère, sous l'impulsion de son chef en 2009, avait pour ambition de relier le village Bolozo, dans la Sangha, au bord de la rivière Ngoko qui constitue la frontière nord-ouest du pays avec le Cameroun voisin et Madingo Kayes, situé dans le Kouilou, au bord de l'Océan Atlantique en passant par Ngbala et Sembe dans la Sangha ; Mbomo, Etoumbi, Palabaka, Ewo, Okoyo, Lekety dans la Cuvette ouest ; Ampaka, Akou, Impini, Kenkouara, Kebara dans les Plateaux ; Ingoumina, Ibe, Mapati, Komono dans la Lékoumou ; Yaya, Mossendjo, Titi, Leboulou, Kibangou, Tsembo dans le Niari ; Kola, Kakamoeka, Ikalou, Nkola, Tchizalamou, Tandou Youmbi et Madingo Kayes dans le Kouilou où le gouvernement ne cesse d'examiner la possibilité de développer un second port en eau profonde à l'instar de celui de Pointe-Noire.

Pendant que ce rêve se concrétisait, les derniers chantiers reliant Madingo Kayes à Kakamoeka par la société forestière Trabec, Mossendjo à Kibangou, Lékana à Lekety et Mbomo à Sembe par la société Sipam enfin Sembe à Bolozo, par la Congolaise industrielle des bois, ont été rattrapés par la conjoncture économique, forçant ainsi l'arrêt des travaux.

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