Mali: Treize soldats français tués - La France paie un lourd tribut pour son engagement au Sahel

La ville de Pau est meurtrie en ce 26 novembre 2019. Sept soldats sur treize appartenaient au 5e régiment d'hélicoptères de combat (5e RHC).
26 Novembre 2019

C'est sans aucun doute une nouvelle qui fera plaisir aux groupes terroristes qui écument la bande sahélo-saharienne. En effet, treize soldats français dont six officiers, six sous-officiers et un caporal-chef ont trouvé la mort dans la collision de deux hélicoptères au cours d'une opération de combat, si l'on en croit le président Emmanuel Macron qui, dans un communiqué, salue « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires » tombés, les armes à la main.

L'accident a eu lieu dans la région de Ménaka, dans le Sud-Est du Mali où conjointement, les forces armées maliennes et françaises conduisent depuis quelques semaines, une vaste opération contre les différents groupes armés qui sèment la terreur et la désolation au sein des populations locales.

Ce drame, faut-il le rappeler, porte à 36, le nombre de soldats français tués au Sahel depuis le déclenchement de Serval qui opère depuis le 1er août 2014, sous le nom de Barkhane. Pour un lourd tribut, la France en aura payé pour son engagement dans la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne.

Car, en plus des pertes en vies humaines, il faut y ajouter les dégâts matériels importants qui coûtent cher au contribuable français. Certes, on le sait, la France, en s'engageant au Sahel, ne le fait pas pour les beaux yeux des pays concernés.

Mais il faut tout de même reconnaître que même en cherchant à défendre ses intérêts, elle contribue à sauver des vies humaines en danger dans un contexte où les armées de la sous-région semblent complètement dépassées, tant elles sont harcelées.

Les autorités françaises pourront toujours s'en servir pour rabattre le caquet à leurs contempteurs

En tout cas, la France, à juste titre d'ailleurs, ne manquera pas d'exploiter la mort de ses treize soldats engagés au Sahel surtout que de plus en plus, il se développe un sentiment anti-français dans bien des pays africains comme le Mali et le Burkina Faso, pour ne pas les nommer, frappés de plein fouet par le terrorisme.

Sans faire dans le cynisme, on peut même dire qu'il s'agit là d'un drame qui tombe à pic et dont les autorités françaises pourront toujours se servir pour rabattre le caquet à leurs contempteurs de tout poil qui les accusent de tous les péchés... du Sahel.

Il importe donc peu de savoir si les 13 soldats sont morts dans un crash ou s'ils ont été abattus par des terroristes qui, on le sait, disposent toujours d'une puissance de feu redoutable.

Car, le résultat, ici, est le même : la France a perdu des soldats au front. C'est peut-être aussi le lieu d'appeler certains panafricanistes ou souverainistes revendiqués, à la modération.

Car, sans forcément la défendre, il y a lieu de reconnaître que la France, plus que tout autre puissance étrangère, est fortement impliquée dans la lutte contre le terrorisme en Afrique et plus singulièrement au Sahel.

Reconnaître cela serait faire preuve de gratitude et d'humilité même si, en revanche, on peut regretter le tapage médiatique qui accompagne très souvent en amont les opérations militaires françaises en Afrique, tant et si bien que les fruits finissent par ne pas toujours tenir la promesse des fleurs.

La preuve en a été donnée avec le lancement de Bourgou IV où le boucan avait largement dépassé les résultats escomptés sur le terrain.

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