Congo-Kinshasa: De nouvelles manifestations anti-MONUSCO font 2 morts à Butembo et Beni

Nord-Kivu : De nouvelles manifestations anti-Monusco
26 Novembre 2019

Dans la ville de Butembo, le premier appel à une mobilisation contre les casques bleus de l'ONU ainsi que d'autres organismes internationaux, a été lancé le vendredi 22 novembre 2019 par le groupe de pression Parlement debout de Furu (PDF).

Cette manifestation avait alors rallumé une vive tension entre services de sécurité et protestataires qui faisaient face à des tirs de sommation de la police. Quatre jours après, la ville de Butembo a vécu une seconde journée sans activités, faisant suite au mot d'ordre lancé par un autre groupe de pression, la Véranda Mutsanga.

Au Nord-Kivu, les contestations contre la présence de la mission onusienne en République démocratique du Congo (Monusco) s'accentuent. Il y a une semaine naissait ce sentiment chez les habitants de cette partie du pays, après les massacres des civils à Boikene, suivis de ceux de Masiani, deux quartiers de la ville de Beni. Depuis, des soulèvements populaires ont été programmés par des jeunes issus des groupes de pression ou des mouvements citoyens qui, jusque-là, n'ont pas été tendre à l'égard de la Monsuco.

Après les événements tragiques qui ont conduit à la mort de près de 5 manifestants, à la destruction de la mairie puis, à celle des installations des casques bleus à Beni, lundi 25 novembre, la ville voisine de Butembo, située à 54 kms, a connu un autre scénario du genre.

Des morts de trop

Malgré l'interdiction de l'autorité urbaine, la veille, les « Vérandistes de Mutsanga » n'ont pas abdiqué. Dès les premières heures de la journée, la voirie urbaine était bloquée, du feu allumé par endroit par ces jeunes qui ont affronté la police à Mutsanga et à Njiapanda où ils sont plus actifs. Et des tirs des balles, des grenades lacrymogènes bien nourris des services de sécurité ont tenté en vain de dissuader les manifestants.

Au cours de ces accrochages avec la police, un jeune garçon a été atteint par balle à hauteur de Njiapanda où une forte résistance des contestataires a été observée. C'est lorsque les siens ont tenté de le dépêcher à l'Hôpital général de référence de Katwa qu'ils ont constaté sa mort quelques minutes après. Les témoins indiquent que la victime est morte d'une balle perdue.

Pour ce qui est de la ville de Beni, c'est presqu'en fin de matinée que des groupes de jeunes se sont de nouveau constitués pour relancer leur mouvement de contestation. Une partie s'est dirigée vers une autre base de la Monusco située à Mavivi, promettant aussi de la détruire. Un autre groupe a de nouveau rejoint les installations onusiennes de Boikene incendiées lundi 25 novembre.

C'est là où une balle a atteint un manifestant lors des altercations qui les ont opposées aux services de l'ordre. D'ailleurs, ce corps a été embarqué jusqu'à la résidence de l'autorité urbaine par les manifestants. Il a fallu l'intervention urgente de l'armée pour que les jeunes gens rebroussent chemin. Au cours de ces heures, les activités ont de nouveau connu une paralysie à Beni, avant que la situation ne se rétablisse des heures plus tard.

Cette victime porte à six le nombre des manifestants tombés à Beni au cours des manifestations anti-Monusco depuis samedi 23 novembre dernier.

Gilbert Kankonde tranche

A l'antipode d'une population surexcitée depuis quelques jours par la présence de la mission onusienne au Nord-Kivu et dont les ardeurs deviennent démesurées, le vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur et sécurité se veut conciliant.

Là où les manifestants pointent d'un doigt accusateur les casques bleus dans la stabilisation de la région de Beni, Gilbert Kankonde parle plutôt des partenaires importants pour la RDC, un pays qui a besoin de beaucoup de soutien pour sortir de sa situation actuelle. Il demande aux Nord-Kivu à chercher « le sorcier » ailleurs et à éviter de se faire emporter par les manipulateurs.

A l'issue du Conseil national de sécurité présidé par le chef de l'État sur la situation sécuritaire à Beni, lundi 25 novembre, deux principales clauses ont été retenues : l'installation d'un quartier général des forces armées à Beni et la mise en œuvre des opérations conjointes entre l'armée nationale et la Monusco afin d'assurer la paix et la sécurité à la population. Et, ça n'a pas tardé, car le chef d'État-major général des FARDC ainsi que le vice-premier ministre, ministre en charge de l'Intérieur et sécurité ont aussitôt fait le déplacement au Nord-Kivu.

Cette visite en province s'inscrit dans la logique d'apporter des voies de sortie à la crise qui secoue la région de Beni, celle des massacres d'abord, puis celle de l'incompréhension entre la Monusco et les habitants. Au sujet des tueries, on croirait que Gilbert Kankonde et le chef de l'armée apportent des propositions de sortie de crise, parce que c'est en des termes justes que le ministre s'est montré confiant, visiblement porteur d'une « parole d'honneur » du chef de l'État. Il garantit aussi le renforcement des troupes de la police sur le terrain afin de parer aux éventualités désagréables.

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