Congo-Kinshasa: CPI - Confirmation des peines pour subornation de témoins, Bemba... c'est fini !

28 Novembre 2019

La Cour Pénale Internationale (CPI), à travers sa Chambre d'Appel, a confirmé hier mercredi 27 novembre 2017 les peines d'une année de prison et de 300.000 Euros d'amendes prononcées en mars 2017 contre Jean-Pierre Bemba, Président du MLC (Mouvement de Libération du Congo), ancien vice-président de la République et ancien sénateur, dans l'affaire de subornation de témoins.

Ces co-accusés dans le même dossier, à savoir l'ancien député national Fidèle Babala, ses deux avocats, Me Aimé Kilolo Musamba et Me Jacques Mangenda Kabongo, ainsi que son témoin Narcisse Arido ont vu les peines retenues à leur charge confirmées, notamment celle d'une année de prison.

Ainsi se trouve bouclé le feuilleton « d'atteintes à l'administration de la justice pour avoir intentionnellement suborné des témoins et sollicité la présentation de faux témoignages par des témoins de la défense dans le cadre de l'autre affaire visant Jean-Pierre Bemba devant la CPI ». Rappelons que ce dernier, condamné à 18 ans de prison en mars 2016 dans l'affaire de « crimes de guerre et crimes contre l'humanité » commis en octobre 2002 en République Centrafricaine par les troupes du MLC, alors mouvement rebelle, avait été acquitté le 08 juin 2018, après avoir passé dix années en détention provisoire au quartier général de la CPI, à La Haye, aux Pays-Bas.

La première conséquence à tirer du dernier verdict de la Chambre d'Appel de la CPI est que Jean-Pierre est définitivement « mort » politiquement. Car, la dernière lueur d'espoir de virginité de son casier judiciaire s'est envolée hier mercredi. En clair, cela veut dire qu'il est automatiquement disqualifié non seulement pour la course pour le poste de Porte-parole de l'Opposition qu'il convoitait secrètement, même s'il ne l'a jamais déclaré publiquement, mais aussi pour tous les autres mandats électifs conformes à son poids politique, notamment la présidence de la République, la députation nationale et les sénatoriales.

Jean-Pierre Bemba va donc être le grand absent de la scène politique congolaise en 2023, à l'occasion des élections présidentielles et législatives nationales. Ce qu'il faut craindre est que son statut de repris de justice au casier judiciaire chargé ne démobilise ses cadres et militants, qui comptaient beaucoup sur un leader capable de se positionnement en première ligne dans la conquête de la magistrature suprême en 2023.

Il est presque certain que le MLC va avoir toutes les peines du monde à maintenir ses alliances avec les partis et regroupements politiques qui avaient accepté de faire cause commune avec Bemba en misant sur son poids politique. De nouvelles alliances vont être difficiles à négocier avec un « Chairman » terriblement affaibli par son invalidation d'office pour les mandats électifs.

Même si le Mouvement de Libération du Congo ne va pas éclater, son avenir est des plus incertains avec des risques de fuite de cadres et militants vers d'autres cieux politiques. Jean-Pierre Bemba est-il en mesure de s'inspirer du cas de l'Italien Berlusconi qui, en dépit de ses démêlés judiciaires, continue de peser lourdement sur la scène politique de son pays ? Wait and see. Kimp

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