Congo-Brazzaville: Les routes de la soie et l'environnement

Le projet chinois de nouvelles routes de la soie, avec le développement d'un réseau gigantesque d'infrastructures dans plusieurs pays, va bouleverser à coup sur le commerce mondial et suscite déjà auprès d'experts des inquiétudes concernant la protection de l'environnement.

Ce projet international lancé par Pékin, il y a bientôt six ans, vise à relier la Chine à l'Europe par des voies terrestres et la Chine à l'Afrique par des voies maritimes. Les nouvelles routes de la soie sont donc un projet d'investissement majeur dans les infrastructures mondiales. Cependant, la question environnementale devenue cruciale au cours des dernières années, poussent les experts à se poser des questions et à penser que l'environnement sera la première victime du développement des voies de commerce. Car le projet porté par Pékin exige une croissance industrielle rapide dans les pays voisins, bien plus rapide que les législations en matière de protection de l'environnement ne le permettent.

Selon eux, les nouvelles routes de la soie pourraient mettre à mal les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat. L'argument développé pour appuyer cette thèse est le suivant : les principaux itinéraires traverseront les steppes désertiques et semi-désertiques d'Asie centrale, écosystèmes très fragiles souffrant de pénuries d'eau et de salinisation des sols. Tout projet de développement d'envergure augmentera les risques environnementaux. Même si la Chine s'en déclare consciente et renforce le contrôle des infrastructures industrielles, réduit les émissions et commence à employer des technologies vertes, il est impossible de prédire dans quelle mesure cette politique concernera les projets d'infrastructures transfrontalières à grande échelle. Une analyse de l'empreinte carbone du développement des infrastructures dans les pays impliqués dans ces nouvelles routes de la soie conclut qu'il pourrait remettre en cause les objectifs de l'Accord de Paris de 2015 de maintenir la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Sans compter que les corridors commerciaux créés par ces routes empièteraient sur le territoire de deux cent soixante-cinq espèces menacées dont quatre-vingt-un en danger et trente-neuf en danger critique d'extinction. Mais tous ces arguments ne déstabilisent pas la Chine qui affirme que lors des travaux de construction, les autorités chinoises respecteront les lois et les normes environnementales du pays hôte. Par ailleurs, Pékin argumente à son tour que ce projet commercial comprend un bon nombre de projets verts tels que des parcs éoliens, des centrales solaires et des barrages hydrauliques.

La Chine, premier émetteur de CO2 à l'échelle planétaire, assure, concernant ce projet, mener une politique cohérente par rapport à la réduction des émissions de CO2, chez elle comme à l'étranger. Pour l'Afrique, qui est littéralement devenue « l'usine mondiale » de Pékin dans le domaine de son approvisionnement en matières premières, il s'agit pour ses dirigeants de rester vigilants face à ce géant, afin que les entreprises chinoises soient respectueuses des normes écologiques sur le continent.

Édition du Samedi (SA)

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