Guinée Bissau: Second tour de la presidentielle au pays

28 Novembre 2019

Ça y est ! Les résultats du premier tour de la présidentielle bissau-guinéenne, sont connus. C'est l'ex-Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, candidat du Parti pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC), qui caracole en tête avec un peu plus de 40% des suffrages exprimés. Il est suivi de Umaro Sissoco Embalo, candidat du Mouvement pour l'alternative démocratique (MADEM G-15). Ce dernier a recueilli 27,65% des voix, selon les résultats rendus publics le 27 novembre dernier, par la Commission électorale nationale (CNE).

Il n'y aura donc pas eu de coup K.-O. Aucun des candidats n'ayant eu la majorité absolue, il y aura bel et bien un second tour en fin décembre, qui opposera Domingos Simoes Pereira à Umaro Sissoco Embalo. Exit donc le président sortant José Mario Vaz dont le bras de fer avec son parti d'origine, le PAIGC, a plongé la Guinée- Bissau dans une crise politique sans précédent. Visiblement, le peuple bissau-guinéen ne lui a pas pardonné ses errements puisqu'en tant que candidat indépendant, il n'a récolté que 12% des voix ; ce qui le classe en quatrième position après Nuno Games Nabiam qui se tire d'affaire avec 13,16%.

L'institution régionale ouest-africaine doit veiller au grain

Si, pour l'instant, aucun candidat n'a contesté les résultats, il faut cependant rester prudent quand on sait qu'au lendemain du scrutin du 24 novembre dernier, le camp du président José Maro Vaz, sans avancer de preuves, avait crié au « bourrage d'urnes ». A moins que se sachant perdant, le désormais ex-président qui était même ouvertement entré en conflit avec ses pairs de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), n'ait pris les devants pour laisser croire à l'opinion qu'il était victime d'une conspiration. Ce n'est pas impossible d'autant que José Mario Vaz savait mieux que quiconque qu'il jouait son avenir politique, tant il était manifestement seul contre tous. Maintenant qu'il se retrouve groggy de ses propos turpitudes, que va-t-il faire ? Va-t-il tenter de se racheter en appelant ses ouailles à voter pour le PAIGC au second tour ? On attend de voir.

Mais s'il y a une chose dont on peut se féliciter, c'est le fait que le premier tour de présidentielle s'est non seulement tenu à bonne date, mais aussi il n'a enregistré aucun couac de nature à remettre en cause la crédibilité du processus électoral en cours en Guinée- Bissau. Et cela est à mettre à l'actif de la CEDEAO qui, quand il le faut, n'hésite pas à jouer les gendarmes pour rappeler les uns et les autres à l'ordre dans un pays où tout ou presque est prétexte à coup d'Etat. Cela dit, l'institution régionale ouest-africaine doit veiller au grain si elle ne veut pas voir ses efforts subitement remis en cause par des politicards en mal d'inspiration.

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