Sénégal: Absence de structures sanitaires chez les recases de la langue de barbarie - Le calvaire des sinistres

28 Novembre 2019

La prise en charge de la santé de la reproduction demeure quasiment absente dans le nouveau site de recasement des sinistrés de la langue de Barbarie dans la localité de Diougop à Saint-Louis. Selon les sinistrés rencontrés hier, mercredi 27 novembre, il faut faire plus de quatre kilomètres pour atteindre le poste de santé le plus proche du site. Un calvaire qui ne fait que favoriser les décès maternel et néonatal.

Ils sont 680 sinistrés de la langue de Barbarie à être relogés dans les nouveaux sites dans le village de Diougop dans la localité de Gandon. Les femmes qui représentent les 2/3 de cette population sont dépourvues de service de soins primaires. Selon certaines d'entre elles, il faut parcourir plus de quatre kilomètres pour atteindre la structure de santé la plus proche à Galène. Il s'y ajoute l'état sablonneux de la localité. «Nous sommes dans un site de recasement des pêcheurs. L'accès à la localité même pose problème. Il faut parcourir des kilomètres avant d'arriver à la voirie et un malade ne peut pas faire ce trajet à plus forte raison qu'une femme enceinte» se désole un des bénéficiaires de ce programme exécuté par l'agence de développement municipal. Sur les lieux, le mois de juillet dernier, trois femmes ont subi le martyr avant de donner naissance à leur bébé. « Les femmes ont du mal à rallier les structures sanitaires qui sont très éloignées. Une d'entre elles qui étaient en travail a perdu son enfant lors de l'accouchement. Le médecin qui l'a reçu, a fait savoir que le travail avait trop pénible et il était impossible de sauver l'enfant. Heureusement que la maman a survécu», raconte Michelle Gueye secrétaire général du comité de gestion du site.

Les accouchements à domicile demeurent récurrents dans cette zone, les femmes donnent la vie sans une assistance médicale. Une situation qui contribue à aggraver les cas d'infections chez ces sujets mais aussi la présence de la fistule. «Il y a l'accès difficile du site, les habitants peinent pour payer le transport pour la prise en charge de leur santé. Ce qui fait que les consultations prénatales sont quasiment absentes chez les femmes enceintes, il s'y ajoute qu'il y a dans la localité beaucoup de grossesses non désirées qui pouvaient être évitées avec la présence de contraception » a déclaré Michelle Gueye.

Et de poursuivre : «pour une prise en charge adéquate, il faut aller à l'université Gaston Berger ou au centre de santé Ousmane Ngom à 16 km du site ». Face à ce parcours du combattant pour se faire soigner, les habitants sollicitent une solution d'urgence notamment la présence de sage femme et d'infirmier en attendant la réalisation des différentes infrastructures sanitaires programmées dans la zone. Car, selon le chef de village Babacar Ba, la situation est plus critique si les pêcheurs ne vont pas en mer.

Des solutions de sortie de  Crise

Le médecin chef de région, Seynabou Ndiaye, dans le cadre de soulager les maux de cette population a souligné que la région travaille dans la mutualisation des efforts pour pouvoir desservir toutes les localités. De ce fait, elle a déclaré : «quand on parle de l'urgence, c'est des actions dans le court terme. Mais, il est prévu de mettre dans le site une structure sanitaire». Aujourd'hui, docteur Ndiaye a tenu à rassurer : «nous allons inscrire la visite de cette population sur l'équipe mobile. Le suivi des soins sera gratuit pour une prise en charge continue. Nous allons aussi sensibiliser les différentes antennes régionales de Samu pour suppléer sur les transferts des malades mais aussi les politiques pour la mise à disposition des ambulances».

Pour la direction de la reproduction de la santé de la mère et de l'enfant, Adama Sanokho a souligné : «c'est un problème qui nous interpelle. Nous allons voir avec le directeur le docteur Sarr quelle formule mettre en place pour prendre en charge cette préoccupation dans l'urgence». Pour rappel, cette activité entre dans le cadre de la santé de la reproduction en situation d'urgence initiée par l'Unfpa. Dans le site de recasement huit blocs de 20 unités ont été réceptionnés pour une capacité de 5 personnes par tentes, pour la première phase du projet.

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.