Burkina Faso: Aly Badra Ouédraogo - "S'il est vrai que des Burkinabè sont en intelligence avec des terroristes et qu'ils sont connus, il est du devoir du gouvernement de communiquer ces noms"

29 Novembre 2019

Au titre de la gouvernance politique, Aly Badra estime que le dialogue politique initié par le président Roch Marc Kaboré est à saluer et que ce dialogue a accouché de résolutions tangibles et pragmatique. Toutefois, il relève que lesdites résolutions de ce dialogue politique ne sont pas mises en œuvre. Il invite donc toute la classe politique à prendre de la hauteur pour une cohésion sociale et une gouvernance politique responsable pour le développement et le progrès partagé.

Sur la question des déplacés internes et externes, le conférencier déplore le manque de promptitude du gouvernement à prendre en charge ces déplacés même s'il reconnait que des mesures ont été prises par la suite et qui sont à saluer. De la gouvernance économique, M. Badra estime que les "Burkinabè ne mangent pas les chiffres". Pour lui, les Burkinabè doivent goûter aux fruits de la bonne gouvernance. "Le gouvernement doit comprendre que son rôle historique de garantir le bien-être des Burkinabè est toujours attendu", indique-t-il et d'ajouter que la pauvreté se lit sur tous les visages. Du reste, Aly Badra Ouédraogo reconnait que le gouvernement a gagné certains paris notamment en matière d'infrastructures routières, de l'éducation, la politique d'emploi...

Aly Badra déplore également certains propos de la majorité présidentielle qui tendent à accuser d'autres acteurs politiques comme étant en intelligence avec les terroristes. "S'il est vrai que des Burkinabè sont en intelligence avec des terroristes et qu'ils sont connus, il est du devoir du gouvernement de communiquer ces noms. Ce sont les Burkinabè eux-mêmes qui s'en chargeront", ajoute-il.

Même si son parti est de la majorité présidentielle, M. Badra se veut claire : "Nous ne sommes pas à la majorité présidentielle pour tout applaudir toutes les décisions du gouvernement mais de la présenter comme le premier rempart, la première opposition du gouvernement et du chef de l'Etat, de sorte à ce que nous puissions dans la contradiction, étayer notre vision avant de la faire sortir. Donc à partir du moment où nous n'avons pas des preuves, nous devront faire abstraction des accusations et de nous mettre ensemble pour parer au plus pressant pour un souci d'apaisement des cœurs, de réconciliation nationale et de cohésion nationale", martèle-t-il.

Sur l'affaire charbon fin qui incrimine certains membres du gouvernement, le RPR estime que la justice doit s'en saisir pour faire la lumière sur cette question. "Parce qu'il serait incongru qu'au moment où le chef de l'Etat s'atèle à impulser une nouvelle vision dans l'effort de guerre, que des personnes proches de lui s'adonnent à telles pratiques. La bonne gouvernance est faite d'actes et non un vœu pieu. La loi est dur mais elle reste la loi", fait-il remarquer.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Fasozine

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.