Algérie: Les candidats à la Présidentielle s'engagent à améliorer le climat de l'investissement en Algérie

Alger — Les programmes électoraux des cinq candidats à la Présidentielle du 12 décembre renferment une série de propositions visant à encourager le climat de l'investissement en Algérie et appuyer les entreprises productives, particulièrement les start-up.

A cet effet, le président du Front Al Moustakbal, Abdelaziz Belaïd s'engage à privilégier un politique nationale d'encouragement de l'investissement, en proposant de soustraire l'acte d'investir à la procédure d'octroi d'agrément préalable et de réformer les procédures de délivrance des agréments de toute nature dans le but de leur conférer une valeur significative.

Il propose, entre autres, de revoir le système d'aide et d'encouragement de l'acte d'investir et de déterminer des limites au délai de traitement des dossiers d'investissement.

Pour ce qui est des investissements faisant appel au financement total ou partiel de l'Etat, le prétendant à la magistrature suprême propose de rendre obligatoire, sous peine de sanction, la procédure basée sur la maturation des projets.

M. Belaïd promet d'adapter le secteur bancaire aux nouvelles exigences, de lever les contraintes administratives et règlementaires afin de faciliter l'accès aux PME au fond de compétitivité, de créer des centres techniques spécialisés pour jeter des passerelles entre l'université et l'entreprise.

Le candidat à la Présidentielle du 12 décembre propose également de rendre opérationnel le conseil national de la PME qui donnera les grandes orientations de la PME.

Le candidat du parti Talai El Houriate, Ali Benflis propose, pour sa part, un programme détaillé dans lequel il promet de simplifier les procédures administratives pour la création d'entreprises, faciliter l'octroi du foncier aux PME et leur réserver une part dans la commande publique des collectivités locales et des ministères.

Il promet de réformer le code des marchés publics pour augmenter la transparence dans les appels d'offre, inciter les entreprises étrangères à assurer un transfert technologique aux entreprises nationales et l'institution de "Fonds de Placement Innovation" qui auront pour rôle de collecter l'épargne et de l'allouer à des projets innovants.

En matière de gestion des entreprises, le candidat Benflis entend accorder une autonomie de gestion effective aux entreprises publiques en dépénalisant l'acte de gestion et en supprimant toute forme d'intervention directe des tutelles dans la gestion des entreprises, tout en veillant à assurer une plus grande transparence dans la gestion des EPE par la publication régulière des comptes et des rapports annuels.

Le programme de M. Benflis prévoit aussi la mise en place d'un statut de jeune entreprise innovante qui offre un crédit d'impôt sur les dépenses en R&D, et facilite l'accès des incubateurs aux ressources nécessaires.

Pour améliorer l'environnement des affaires, le candidat Benflis s'engage à dépolitiser l'acte économique en mettant fin au "clientélisme", aux facilités et privilèges sélectifs d'accès aux marchés publics, aux crédits bancaires, au foncier public, aux monopoles d'importation privée et de distribution de produits marchands à des dérogations et faveurs de tout genre, sur la seule base de l'allégeance au pouvoir politique en place.

Il propose, dans le même cadre, la suppression de la règle 49-51% dans les secteurs de l'industrie manufacturière, transformation agroalimentaire, tourisme, hôtellerie, chimie et certains secteurs de service tels que l'informatique, tout en procédant à la révision du rôle de l'Agence nationale de développement de l'investissement (ANDI) pour en faire une "véritable agence" de promotion de l'investissement étranger et des nationaux résidants à l'étranger.

Il s'agit également de créer des zones franches pour attirer les investissements financés par des partenaires étrangers pour des produits destinés, essentiellement, à l'exportation.

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Pour ce qui est de l'accès au foncier industriel et commercial, M. Benflis ambitionne de libérer les assiettes foncières actuellement inutilisées et les mettre sur le marché, de récupérer les terrains des EPE dissoutes et de récupérer ceux octroyés à des opérateurs et entreprises privés qui n'ont pas respecté leurs engagements d'investissement. Il propose, à ce titre, de verser les assiettes récupérées à l'Agence nationale d'intermédiation et de régulation foncières (ANIREF) pour les mettre sur le marché par des appels d'offre nationaux.

Il entend aussi mettre en concession de nouvelles zones industrielles et commerciales de grande envergure, notamment, celles en cours de développement le long de l'autoroute Est-ouest, en faisant appel à des opérateurs privés pour leur développement et leur gestion. Il envisage, à cet égard, de décharger l'Etat de l'intervention dans des transactions individuelles de foncier industriel ou commercial, sauf dans le cadre d'investissements stratégiques d'envergure.

Le candidat M. Benflis propose d'instaurer une taxe sur le foncier économique non exploité et de réduire les taxes sur la location et les ventes de foncier économique ainsi que sur toutes les transactions immobilières.

De son côté, le candidat à la magistrature suprême, Azzedine Mihoubi, Secrétaire général (SG) du RND par intérim, s'engage à la refonte des dispositifs Ansej et Cnac pour encourager les projets innovants, la simplification du cadre légal pour la création d'entreprise et la levée progressive du contrôle bureaucratique.

M. Mihoubi prévoit, également, la consécration de l'ouverture partielle du capital des EPE pour un maximum de 34% afin de leur permettre d'améliorer leurs capacités de production, en excluant de cette mesure les entreprises stratégiques.

Il est question, par ailleurs, de lancer des partenariats publics privés (PPP) avec des partenaires nationaux et étrangers sur des projets d'infrastructures à haut rendement, selon la formule BOT (Build-operate-transfer), et de limiter la validation requise par le Gouvernement aux projets dans les secteurs stratégiques et représentants des montants supérieurs à 30 milliards Da.

Attirer l'investissement direct étranger (IDE) à travers l'amélioration du climat des affaires, consolider les filières industrielles disposant de capacités compétitives d'exportation, mettre en place un dispositif transparent sur l'attribution du foncier industriel et du foncier agricole à travers une procédure entièrement informatisée et un système de points sont autant d'engagements inscrit au programme électoral du candidat.

M. Mihoubi insiste sur l'impératve création d'un Fonds de développement industriel et d'investissement pour le financement de projets stratégiques et d'industries d'exportation, et mettre en place des Fonds d'investissement pour l'accompagnement des PME-PMI et des start-up.

Le candidat Abdelkader Bengrina propose, lui, de créer des instances régionales pour l'investissement et le développement, chargées de réunir les conditions nécessaires pour l'installation des infrastructures et l'instauration d'un climat d'entreprises permettant la coordination des actions des différentes parties prenantes.

Il est question également d'ériger les indicateurs adoptés dans les rapports de "Doing business" de la Banque mondiale une référence pour évaluer le rendement du Gouvernement.

Le président du Mouvement El-Bina s'engage, par ailleurs, à renforcer la notion de décentralisation de la décision de là à conférer à la supervision locale un rôle plus important dans le développement.

De même qu'il promet, en cas de victoire, de capter davantage d'investisseurs à travers la transparence du marché, la protection des droits de propriété et la garantie de la libre circulation des données dans le cadre d'un système d'information actualisé, crédible et de qualité.

Le prétendant indépendant à la présidence de la République, Abdelmadjid Tebboune propose, quant à lui, d'améliorer le climat des affaires, d'encourager l'investissement et de lutter résolument contre la corruption à tous les niveaux.

Aussi s'engage-t-il à hisser le taux d'intégration de la production nationale dans les investissements étrangers, ainsi qu'à favoriser et encourager tout investissement qui utilise des intrants et des matières premières nationaux et crée l'emploi.

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