Cote d'Ivoire: Jeunesse et Planification familiale/Dr Yao N'dry Nathalie - « Les avancées ne sont pas énormes »

29 Novembre 2019
interview

La 8ème rencontre annuelle du Partenariat de Ouagadougou (Po), un réseau de 9 pays africains impliqués dans la promotion de la planification familiale, démarre le mercredi 3 décembre 2019, à Cotonou.

Avant cet événement, Dr Yao N'dry Nathalie, directrice des programmes de l'Association ivoirienne pour le bien-être familial (Aibef) et présidente de la Coalition des Organisation de la société civile pour le repositionnement de la planification familiale en Côte d'Ivoire, revient sur les défis à relever, en marge d'une rencontre trimestrielle de la Coalition.

Que retenir de cette réunion trimestrielle de la Coalition ?

Des actions essentielles, entre autres, les préparatifs de la 8ème rencontre annuelle du Po et aussi la Réunion inter pays.

Celle-ci est un projet qui est organisé par les Organisations de la société civile. Son objectif est de pouvoir mener à bien des actions de veille pour le respect des engagements pris.

Notre objectif est d'arriver à réduire considérablement la mortalité maternelle dans chacun des 9 pays du Po qui est une problématique pour prétendre atteindre le dividende démographique.

En matière de Pf, peut-on avoir une idée de la prévalence contraceptive en Côte d'Ivoire ?

Concernant la prévalence contraceptive, nous avons fait un petit pas. Même si nous ne sommes pas satisfaits.

De 14% selon l'Eds 2016, nous sommes aujourd'hui autour de 20.5% que nous arrondissons à 21% de taux de prévalence contraceptive.

Mais en même temps, il faut que nous parvenions à une prévalence de 30% d'ici à fin 2020. Nous ne désespérons pas pour autant.

Parce que, nous nous disons que cela pourrait dépendre des stratégies, de l'engagement réel de nos autorités, puis de l'action concertée de tous les acteurs du domaine. D'où la nécessité de cette coalition.

La planification familiale chez les jeunes, est-ce qu'on peut parler d'une véritable avancée ?

On ne peut pas parler d'avancée en tant que telle, mais nous pouvons parler du cas des grossesses. La sonnette d'alarme a été tirée en 2012. On enregistrait 4087 cas de grossesses.

Aujourd'hui, nous sommes autour de 3500 grossesses chez les adolescentes et les jeunes.

Mais nous ne sommes pas à l'aise avec, parce que ces chiffres ne prennent pas en compte les adolescentes en dehors de l'école.

Que retenir dans ce cas du pourcentage des besoins insatisfaits ?

Le taux des besoins insatisfaits chez les adolescents et les jeunes reste toujours au niveau de 31% en matière de contraception.

Alors que chez les adultes, on enregistre 27%. Il y a des choses à faire, mais nous ne sommes pas défaitistes.

Car, le changement de comportement est quelque chose qui prend beaucoup de temps... Cela nécessite un engagement avant d'en faire la promotion. Les avancées ne sont pas énormes !

Qu'allez-vous présenter à la réunion inter pays du Partenariat de Ouagadougou ?

Nous allons faire un bilan des activités de la Coalition. Parlant des jeunes, nous avons pour chacun des 9 pays du Po, une spécificité.

En Côte d'Ivoire, en ce qui concerne l'accessibilité des produits contraceptifs, nous avons un problème avec les jeunes. Pour adresser cette question, nous avons l'Education complète à la sexualité des adolescents et jeunes.

Et cette éducation renferme tout ce qu'il y a comme information, sensibilisation en termes de services de contraception pour les jeunes qui voudraient vraiment bénéficier du service.

Il faut dire que ce projet est une initiative de Intra Health. Qui a mis en œuvre un projet pilote pour l'implémentation dans quatre pays de l'Ecs en milieu scolaire.

A ce sujet, des enseignants ont été formés dans quatre villes pilotes de la Côte d'Ivoire, dans le cadre du projet pilote. Pour cette année scolaire, les modules de l'Ecs seront dispensés dans les écoles de ces enseignants.

Plus de: Fratmat.info

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