Ile Maurice: Accident mortel à Wooton - «Je ne pourrai jamais chasser ces images de ma tête», dit le fils du pompiste

30 Novembre 2019

Proches, amis, et collègues se sont fait un devoir de rendre un dernier hommage à Rohit Gobin, lors de ses funérailles qui ont eu lieu, hier. Le pompiste de 58 ans, habitant de Bois-Chéri, n'a pas survécu à ses blessures.

Percuté mardi matin sur son lieu de travail, à la station-service Indian Oil de Wooton, par un véhicule de la police d'Eau-Coulée conduite par le constable Ashfaar Domun, il a rendu l'âme jeudi après-midi.

L'émotion était à son comble. Jashley Gobin, 29 ans, avait tant prié pour que son père puisse s'en sortir. Mais le destin en a voulu autrement. Et les funérailles de son père ont eu lieu justement le jour où sa sœur devait célébrer ses 18 ans.

Il se dit à présent déterminé à se battre afin de faire la lumière sur cet accident. «La vérité doit triompher et justice doit être rendue à mon père», confie-t-il.

Il dit avoir encore en tête les images de la caméra de la stationservice qu'il a visionnées. «Je ne pourrai jamais chasser ces images de ma tête. On peut voir la violence avec laquelle il a été percuté.

Il court pour essayer de s'échapper. Il se retourne à nouveau mais il n'a pas le temps de courir. La fourgonnette le percute», raconte Jashley Gobin.

Les trois élus de la circonscription n°13 (Souillac-Rivière-des-Anguilles), les ministres Kailesh Jagutpal et Renganaden Padayachy ainsi que le PPS Ismaël Rawoo ont rendu une visite à la famille endeuillée, jeudi après le décès du pompiste.

«Mo ankor pé gagn douler», confie le pompiste rescapé

Le collègue de Rohit Gobin, Daniel Lamarque, 58 ans et habitant d'Eau-Coulée, qui a aussi été renversé par le véhicule de police, est toujours admis en clinique. Il a subi plusieurs fractures et il se remet lentement de ses blessures. Contacté au téléphone, hier matin, il dit qu'il souffre toujours.

«Mo ankor pé gagn douler. Dan enn-dé zour parla kapav mo pou sorti», a-t-il confié. Son état de santé ne lui a pas permis d'assister aux funérailles de son collègue. Il n'a pas souhaité faire d'autres commentaires.

«Je roulais à environ 100 km/h et j'ai dérapé suite aux accumulations d'eau», a dit le constable Domun

Le constable Ashfaar Domun, 31 ans, a été interrogé par la Criminal Investigation Division de Curepipe. Il a expliqué qu'il se trouvait sur la «fast lane» à Wooton et roulait en direction de Curepipe à environ 100 km/h lorsque le véhicule a dérapé à cause de la route glissante après les grosses averses et les accumulations d'eau.

Il a participé à une reconstitution des faits hier après-midi avant de comparaître en cour pour homicide involontaire. Il a été reconduit en cellule policière. L'alcotest qu'il avait subi après l'accident s'est révélé négatif.

L'enquête est placée sous la supervision de l'assistant surintendant de police Omrawoo et du surintendant de police Ruhomah. Son coéquipier, le constable Madhina, qui se trouvait dans le véhicule au moment de l'accident, a également participé à la reconstitution des faits.

Il dit ne se souvenir de rien. Un rapport à la suite des plaintes du public que des policiers n'ont pas donné assistance aux pompistes grièvement blessés a été soumis au commissaire de police, Mario Nobin.

Le fils de Rohit Gobin a déploré, lorsqu'il a visionné les caméras, qu'après l'accident, les policiers se sont rendus à l'arrière de la station-service.

Une voiture privée, conduite par un sergent de police accompagné d'un constable, est venue récupérer les deux policiers pour les évacuer et ces derniers n'ont pas porté secours aux deux pompistes.

La voiture appartient à une Woman Chief Inspector, qui l'a prêtée lorsqu'elle a appris que les policiers ont eu un accident.

Mario Nobin a rencontré la Woman Chief Inspector ainsi que l'assistant commissaire de police Rassen, Divisional Commander Central, jeudi. Un haut gradé nous explique qu'une ambulance était déjà en route pour évacuer les deux pompistes qui nécessitaient des soins des professionnels de santé. Notre source relate que les policiers, qui étaient blessés, devaient aussi recevoir des soins.

Selon nos informations, les policiers transportaient des provisions et se rendaient au poste de police d'Eau-Coulée dans le cadre d'une marche pacifique pour commémorer la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes lorsque l'accident s'est produit. Cette marche a eu lieu devant l'église Ste-Hélène, à 9 h 15 mardi, pour prendre fin devant le poste de police. Aucune entrée n'avait été consignée quand les policiers sont partis pour cette sortie dite «unofficial trip» dans le jargon policier.

Le mardi fatidique

9h30: La chef hiérarchique du constable Domun se rend compte qu'il manque des rafraîchissements pour les participants venus à la marche pacifique commémorant la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Elle lui demande d'aller chercher des gâteaux. Son collègue, le constable Madhina, l'accompagne.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.