Congo-Kinshasa: Jean-Pierre Lacroix - « Chacun doit tirer les leçons de ce qui s'est passé »

communiqué de presse

En visite depuis deux jours en RDC, le chef des opérations de paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix a tenu une conférence de presse à Goma, à la sortie de sa rencontre avec le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita.

M. Lacroix a appelé chacun à « tirer les leçons des évènements de ces derniers jours », dont les violentes manifestations contre la MONUSCO. Il appelle également la population à « ne pas se tromper d'ennemi ». Ci-dessous l'intégralité de sa déclaration.

Jean-Pierre Lacroix : « Bonjour à tous. Je suis venu d'abord à la demande du Secrétaire Général pour exprimer notre totale solidarité avec nos collègues et notre totale solidarité avec les populations de la région. Vous voyez toutes ces destructions, ça n'a pas été improvisé. Je crois qu'il faut les condamner fortement et, bien sûr, exprimer toute notre compassion vis-à-vis des victimes dans la population civile. Il y a eu beaucoup de victimes ces derniers temps. C'est inacceptable. Il y a eu aussi des victimes parmi nos collègues des Nations-unies, nos collègues de l'organisation mondiale de la Santé.

L'ennemi, ce sont ceux qui attaquent et tuent la population. Ce sont ceux qui nous tuent et tuent les populations indirectement, empêchant le progrès de la réponse Ebola.

Le message est qu'il ne faut pas se tromper d'ennemis. Nous, nous sommes aux cotés des peuples de cette région, du peuple congolais. Est-ce qu'il y a des choses que nous pouvons bien faire ? Bien sur que si, et nous allons y travailler. Et il faut que nos partenaires avec lesquels nous travaillons tous les jours réfléchissent à la manière de travailler, encore plus étroitement avec nous, notamment les FARDC, la police nationale, les autorités. Je crois que nous devons renforcer encore ce partenariat, et je crois que c'est déjà engagé, puisque la SRSG était avec le Président de la République il y a peu de jours. Et le gouvernement et la Monusco ont réaffirmé leur détermination à travailler ensemble.

Et ici, il y a du travail qui est fait au niveau de nos forces avec le haut commandement des FARDC. Je crois que chacun doit tirer les leçons de ce qui s'est passe. Mais encore une fois, il ne faut pas se tromper d'ennemis. L'ennemi, ce sont ceux qui attaquent et tuent la population. Ce sont ceux aussi qui attaquent ceux qui aident les congolais, et notamment les habitants de cette région, à lutter contre Ebola. Ce sont ceux qui nous tuent et tuent les populations indirectement, empêchant le progrès de la réponse Ebola. Ce sont ceux-là, que nous devons défaire. Ce n'est pas facile, bien sûr. Ce sont des lâches qui se cachent. Ils attaquent que la nuit, et des populations sans défense. Ils se mettent en groupe et ceux qui les manipulent se mettent en groupes pour causer ce genre de dévastation. Mais le message c'est que ça n'entame pas notre résolution, notre détermination. Encore une fois nous sommes déterminés et nous allons continuer à être aux cotés des Congolais.

Question 1 : Pourquoi est-ce important pour vous de faire cette visite, et ici ?

Lacroix : C'est important parce que vous voyez ce qu'il y a autour de nous. C'est important de montrer que nous sommes complètement solidaires. Et c'est le Secrétaire général qui m'a demandé de passer ce message de solidarité, encore une fois, vis-à-vis de la population. Nous sommes aux cotés de la population, rappelez-vous, le Secrétaire général des Nations-unies est venu il y a quelques mois, et il a visité plusieurs endroits de la région. Et c'est aussi pour exprimer toute notre solidarité avec tous les collègues du système des Nations-unies, ceux qui luttent contre Ebola, nos collègues de la Monusco qui font beaucoup aussi pour soutenir la lutte contre Ebola, que nous sommes ici. C'est pour dire, nous sommes déterminés, nous allons tirer les leçons de ce qui se passé.

Nous allons voir comment nous allons faire, comment le partenariat avec les FARDC, avec les autorités va être renforcé. Et puis, s'il y en a qui jouent un autre jeu qui n'est pas le jeu de soutien à nos efforts, aux efforts du président et de son gouvernement ; s'il y en a qui jouent un autre jeu, il faut qu'ils soient dénoncés et condamnés. Il faut clairement envoyer un message d'appui et de volonté du Président Tshisekedi, sa volonté de travailler avec la Monusco. Pour nous, c'est un impératif de faire en sorte que ce message soit bien entendu par rapport à la réalité sur le terrain.

Q.2 : Où en êtes-vous avec les enquêtes sur le décès du manifestant ici à Boikene ?

Lacroix : Je crois qu'il faut qu'il y ait des enquêtes sur tout ce qui s'est passé ici. Vous faites allusion à un attaquant qui lançait des cocktail molotov et qui a cause des dégâts ? Mais nous ne sommes pas là pour tuer, y compris les gens qui nous attaquent avec des armes qui peuvent être potentiellement mortelles. Il va y avoir une enquête bien sûr, surtout il faut des enquêtes sur tout ce qui s'est passe. Il ne faut pas qu'il y ait d'impunité. S'agissant de ceux qui ont attaqué la population, s'agissant de ceux qui ont attaqué et tué des gens paisibles, nos collègues ; nous ferons tout, pour qu'il n'y ait pas d'impunité.

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