Afrique Centrale: Vivre avec le SIDA quand on est jeune

A Bangui, en Centrafrique, un club d'enfants et de jeunes, « E Bata Guigui » (« Préservons la vie ») réunit plusieurs centaines d'enfants, adolescents et jeunes adultes. Ils font des formations et reçoivent du soutien de la part notamment d'ONUSIDA et UNICEF. Les jeunes filles peuvent notamment y suivre une formation en informatique.

Comme toutes les filles de leur âge, elles rigolent, ont de jolis sacs à main et pensent aux garçons. « À un moment, je suis tombée gravement malade, je ne savais pas de quoi je souffrais, raconte Agnès*, âgée aujourd'hui de 23 ans. Mon papa m'a amenée à l'hôpital pour faire mon bilan général et a découvert mon statut. À l'époque, je pensais que le Sida n'existait pas... Mon copain ne m'a pas dit qu'il était contaminé. Quand je le voyais en bonne santé, je pensais qu'il n'y avait rien. C'est comme ça que je suis tombée malade et après, il est parti ».

Le manque d'information et de sensibilisation pèse beaucoup dans le taux de nouvelles contaminations, auxquelles il faut ajouter toutes celles infectées par leur mère lors de leur naissance, comme Bertille*, 20 ans. « Je prenais les médicaments jusqu'à l'âge de 17 ans et arrivée à cet âge, j'ai décidé de ne plus prendre mes traitements, nous explique-t-elle. J'ai besoin qu'on m'explique de quoi je souffre tellement. Et ce n'était pas facile pour que ma grande sœur et ma mamie m'expliquent vraiment de quoi je souffre. On m'a expliqué mais ce n'était pas facile pour moi d'accepter ma sérologie. J'ai condamné mon papa parce que c'est à cause de lui que je souffre et ce n'était pas facile pour moi de lui pardonner ».

Stigmatisation des malades

Les jeunes vivants avec le VIH souffrent de nombreuses stigmatisations et parfois de violences. Les jeunes d'E Bata Guigui (« Préservons la vie » une organisation des enfants et adolescents vivants avec le VIH, se retrouvent régulièrement pour parler de leurs difficultés et trouver des solutions ensemble.

En Centrafrique, la prévalence du sida est estimée à 3,6% chez les 15 à 49 ans. Les femmes représentent 53,6% des personnes vivant avec le VIH. L'incidence du VIH reste très élevée avec 3 500 à 8 000 nouvelles infections par an. Les jeunes filles sont très concernées. Le gouvernement a mis en place un plan d'accélération de la prévention du VIH (2019-2020). Mais 26% du plan seulement est financé. Le gouvernement a appelé cette semaine au soutien des bailleurs. Il manque encore 4,5 millions d'euros pour pouvoir mener à bien ce programme.

Plus de: RFI

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