Congo-Kinshasa: Mal élus, Gouvernorats et Assemblées provinciales à couteaux tirés

1 Décembre 2019

Les provinces vont mal. La plupart sont déjà au bord de l'agonie. Entre les exécutifs provinciaux et les organes délibérants, c'est une guerre déclarée. Raison, ceux-ci ont été mal élus. La gestion des provinces a été attribuée à des personnalités sans base réelle.

Le FCC, qui a le contrôle de 80% de provinces, a imposé ses choix - souvent inadéquats. Il faut craindre un effet domino qui pourrait tout aussi déstabiliser les 26 provinces dont la plupart sont déjà en ébullition.

Une fois de plus, le gouvernement s'est penché, vendredi dernier, sur la situation explosive qui règne dans certaines provinces de la RDC. Le compte-rendu, lu par le porte-parole du gouvernement, a posé clairement le problème.

Concernant les institutions provinciales, le gouvernement a noté « la poursuite de l'effervescence des initiatives de motions de censure à l'égard des gouverneurs de province, de la part des députés provinciaux. C'est le cas des provinces de Maniema, de la Mongala et du Sankuru ». Dans le même compte-rendu, le gouvernement poursuit en indiquant que « dans le Kongo central, une motion de défiance a été initiée contre l'honorable président de l'Assemblée provinciale pour cause de non-convocation des plénières ».

Le gouvernement justifie cette situation en ces termes : « dans la totalité des provinces, les députés provinciaux ne sont pas payés ». A cet effet, le Conseil des ministres a chargé le vice-Premier ministre en charge du Budget et le ministre des Finances de « trouver des solutions idoines à ce problème ».

C'est la preuve qu'il y a bel et bien un problème dans les provinces. La plupart sont déjà en ébullition. Dans la capitale, l'on craint qu'un effet domino n'embrase finalement les 26 provinces de la RDC. Ce qui serait préjudiciable pour le chef de l'Etat Félix Tshisekedi.

Pour l'instant, le gouvernement tente de contenir la crise en activant la soupape financière. Il a instruit le ministre en charge du Budget et celui des Finances de doter les provinces des fonds nécessaires pour assurer leur fonctionnement.

Si le volet financier peut expliquer- en partie d'ailleurs - la situation de crise qui ronge certaines provinces, il n'est cependant que la face révélée de l'Iceberg. En réalité, les provinces paient le prix des calculs politiques inappropriés des plateformes, principalement le FCC et le CACH, qui ont pesé de tout leur poids dans la mise en place des animateurs des instituions provinciales. Sans ignorer qu'au départ, il y a eu la Céni (Commission électorale nationale indépendante) qui a tripatouillé les résultats des législatives provinciales en consacrant la médiocrité dans les institutions provinciales.

La situation de crise en provinces tire donc son origine de la légèreté dont a fait preuve la Céni dans le traitement des résultats des législatives provinciales. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on s'est donc retrouvé avec des dirigeants politiquessans base réelle aux commandes des provinces. La conséquence n'a pas tardé. Les motions se succèdent et deviennent un mode d'emploi. C'est viral. Les assemblées provinciales manient à leur guise le chantage et la manipulation politique pour faire plier les exécutifs provinciaux. On est loin de la légalité. L'anarchie a pris le dessus et se conjugue au gré des humeurs des uns et des autres.

Effet contagion

Une situation de crise dans les 26 provinces serait catastrophique pour le chef de l'Etat Félix Tshisekedi. On apprend déjà que le FCC (Front commun pour le Congo) voudrait faire le grand ménage dans les provinces qui sont sous son contrôle. Le Haut-Katanga où trône Jacques Kyabula est particulièrement visé, tout comme le Kongo central où Atou Matubuana vient de récupérer son poste de gouverneur de province. Ce dernier n'est pas en odeur de sainteté avec le FCC.

Les provinces vont mal. C'est le moins que l'on puisse dire. Les législatives provinciales n'ont pas doté les provinces des animateurs appropriés. La plupart ont accédé aux institutions provinciales par la voie de la tricherie. On ne peut donc pas s'étonner que les provinces ne sombrent une à une dans l'anarchie.

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