Congo-Kinshasa: La France veut accélérer la lutte contre l'islamisme et le communautarisme

1 Décembre 2019

Dans certains quartiers de France, la volonté des autorités de donner un nouveau souffle à la politique de la ville devient une nécessité impérieuse pour lutter contre le terreau de l'islamisme. Un nouveau paradigme.

Ces dernières semaines, dans les médias, les termes islamisme et communautarisme font florès. Tout le monde en parle. Ce phénomène, qui prend de l'ampleur en France, préoccupe les autorités depuis près d'une dizaine d'années.

Pour lutter contre ces dérives, le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a dévoilé, jeudi 28 novembre, les grandes lignes d'une circulaire visant à « identifier et lutter contre les atteintes à la République » que constituent « l'islamisme et le communautarisme ». Un changement de paradigme, puisqu'il ne s'agit plus d'empêcher le passage à l'acte violent, mais de lutter contre son « terreau ».

« L'heure n'est plus aux pudeurs ni aux faux-semblants. Disons le franchement: la radicalisation et le terrorisme sont les symptômes les plus graves d'un mal plus profond qui touche trop de nos quartiers. Je veux parler de l'islamisme et du communautarisme. » Ainsi Christophe Castaner a-t-il ouvert, jeudi dernier, un séminaire réunissant cent vingt-cinq préfets place Beauvau pour renforcer la lutte contre l'islamisme et le repli communautaire : « l'islamisme est le pire ennemi de l'islam, il crée volontairement des confusions et des antagonismes », a-t-il poursuivi.

Depuis février 2018, une quinzaine de quartiers identifiés sur la base d'un nombre important de départs vers la Syrie et l'Irak font en effet l'objet d'une « action coordonnée pour lutter contre la radicalisation et recréer la cohésion sociale ».

RÉSULTATS OBSERVÉS

Selon le préfet Frédéric Rose, du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, cent trente-trois débits de boissons liés à la mouvance islamiste ont ainsi été fermés. Tout comme treize lieux de culte ou encore quatre écoles hors contrat et neuf établissements culturels. Actions menées dans quinze quartiers, d'après le ministère de l'intérieur.

Mais comme il n'existe aucun délit d' « islamisme » ou de « repli communautaire », une fois les lieux identifiés, les préfets utilisent l'arsenal juridique à leur disposition - législation du travail, loi sur les discriminations, etc. - pour les faire fermer.

MALAISE

Cet état de fait crée un malaise chez les préfets qui ne sont pas outillés pour contrer l'islam politique. D'une part, ils n'ont pas la formation, le bon logiciel intellectuel pour comprendre la réalité de l'islamisme. D'autre part, l 'Etat n ' a plus les relais au niveau local.

Force est de souligner que l'on a tellement coupé les crédits dans les politiques de la ville et de la jeunesse que, dans les quartiers, les associations historiques ont été remplacées par des organisations souvent liées à la mouvance islamiste. Les élus sont, seuls, fatigués. Le ministre dit aux préfets de se bouger mais ils sont impuissants! Dans les quartiers, aujourd'hui, il reste la police, l'école, et c'est tout.

La lutte contre l'islamisme et le communautarisme que veut accélérer Emmanuel Macron est l'un des travaux d'Hercule du gouvernement et du parlement. Certes, le vivre ensemble est possible. Il est à encourager. Mais coexister, c'est d'abord faire tomber les murs des préjugés sur cette question essentielle qui alimente les débats.

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