Maroc: Raja mord la poussière à Casa

Le WAC force le nul à Alger

Ah le football et ses certitudes en mousse qui se trouvent ébranlées à la première contrariété. Le scénario qui a rythmé l'entrée en lice du Raja et du Wydad en phase de groupes de la Ligue des champions, était tout sauf attendu tant les courbes de forme des clubs casablancais étaient aux antipodes des résultats dont ont accouché leurs sorties continentales. Pourtant, on a cru pendant un moment que les représentants marocains en LDC allaient surfer sur une semaine rythmée ou plombée, c'est selon, par la fameuse folle soirée du derby de samedi dernier. Mais le football est un sport où la remise en cause doit être perpétuelle et les sacres d'un passé récent ou lointain doivent être mis de côté, au risque d'être rattrapé par la réalité du haut niveau où il n'y a aucune place pour la nostalgie et encore moins pour les sentiments. Tout ça pour vous dire que le RCA que l'on croyait intouchable a sombré devant son public (0-2) et que le WAC, qui était au fond du trou, a revu la lumière, alors qu'au départ, rien ne présageait d'un tel renversement de situation.

Des Verts impuissants

On dit souvent que l'on a davantage faim un lendemain de fête. Pour le Raja, la fête c'était un soir de derby et le lendemain devait être la réception de l'Espérance sportive de Tunis. Que nenni. Ce sont plutôt les hommes de Sellami qui se sont fait manger comme des juniors par un adversaire qui les a surclassés dans les grandes largeurs et a étalé sa supériorité dans tous les domaines. Que ce soient dans l'engagement, la tactique ou la technique, Ouattara, Anis Badri et leurs coéquipiers ont maîtrisé d'un bout à l'autre un onze rajaoui en manque d'inspiration, de créativité et de peps.

On ne saura jamais si le scénario de cette rencontre aurait été différent dans le cas où Metouali avait mieux négocié cette incroyable occasion (3'), qui l'a vu un peu trop tergiverser dans la surface de réparation avant de faire n'importe quoi avec le ballon, au lieu de servir rapidement l'un de ses coéquipiers. En revanche, ce dont on peut être sûr, c'est que les Verts n'avaient visiblement pas encore tourné la page du derby, et que les Sang et Or risquent de voir leur avant-centre voguer vers un club huppé. Car il ne faut pas rendre compliqué ce qui est simple. Au-delà d'une attitude et d'une implication qui posent question, ce qui a véritablement plombé les Rajaouis, c'est l'absence d'un avant-centre de qualité. Il ne s'agit évidemment pas d'enterrer six pieds sous terre celui qui a été un acteur majeur de la remontada, mais samedi soir, le contraste était vraiment saisissant entre Malongo, d'un côté, et Ouattara, de l'autre. L'avant-centre du Raja a tout raté tandis que celui de l'EST a tout réussi. L'Ivoirien de 29 ans a étalé toute sa classe et mis à genoux à lui seul une défense marocaine à la ramasse.

Tout d'abord à la 8', lorsque d'une magnifique transversale millimétrée, il a réussi à trouver côté opposé Anis Badri qui ne s'est pas fait prier pour ouvrir le score d'un enchaînement contrôle poitrine plat du pied droit en pleine lucarne. Sur le coup, l'attitude défensive du latéral F. Ngah, aspiré par l'axe, est loin d'être un modèle du genre. A l'inverse du but du break inscrit par Ouattara (15'). Le natif de Dabou fut à la fois à la construction et à la conclusion d'un mouvement initié dans l'axe avant de basculer côté droit de la défense du Raja, pour finir sur un centre à ras de terre conclu d'une magnifique Madjer par l'attaquant ivoirien.

Après un quart d'heure de jeu, tout le stade s'est tu, comme groggy et incrédule devant une telle entame. Une douche froide qui a éteint l'esprit de révolte qui définissait les joueurs de Sellami. Un sentiment amplifié par les oublis de l'arbitre de la rencontre : un but valable de Rahimi à la désormais fameuse 73'... en plus d'un penalty pour tirage de maillot sur Ahaddad. Bref, le Raja ne pouvait pas plus mal débuter dans ce groupe D qui a également vu la JS Kabylie battre l'As Vita Club (1-0).

Le WAC a failli tout renverser

Un peu plus tôt dans l'après-midi de samedi, le Wydad de Casablanca se déplaçait sur le terrain de l'USMA d'Alger. Au terme d'une rencontre dominée d'un bout à l'autre par les Rouge et Blanc (63% de possession), les deux clubs maghrébins ce sont quittés dos à dos (1-1). De prime abord, ça ressemble à un très bon point décroché par les hommes du Serbe Manojlovic, d'autant plus qu'ils se sont fait surprendre dès l'entame de la rencontre (6') par Abdelkrim Zouari d'un magnifique tir à l'entrée des 16 mètres, avant de recoller au score dans les dernières minutes du temps réglementaire par l'entremise de B. Aouk (88'). Cela dit, lorsque l'on sait que le WAC avait la possibilité de décrocher une improbable victoire sur une situation de deux contre un, en fin de match, affreusement gâchée, il y a aussi un arrière-goût de déception dans l'air. Mais bon, faut pas demander la lune non plus. Après l'impressionnante déroute de la semaine dernière, ce résultat sonne comme une lueur dans une sombre nuit d'hiver, quand bien même dans l'autre rencontre de ce groupe C, les Sud-Africains du Mamelodi Sundowns ont surclassé (3-0) le club angolais du Petro Luanda.

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