Ile Maurice: Nominations du président - Suspense jusqu'au bout

Ameenah Firdaus Gurib, ex-Présidente d'Ile Maurice
2 Décembre 2019

Qui succédera à Ameenah Gurib-Fakim et à Barlen Vyapoory à la State House ? C'est aujourd'hui, lundi 2 décembre, que le Premier ministre, Pravind Jugnauth présentera les noms à l'Assemblée nationale. S'ensuivra alors le vote par une majorité simple. La prestation de serment se fera plus tard dans l'après-midi. Si la presse a été conviée depuis le jeudi 28 novembre, à hier une omerta régnait toujours. Ce qui a engendré toutes sortes de suppositions. Le PMO n'a pas répondu à nos nombreux appels...

L'ancien chef juge Kheshoe Parsad Matadeen ou encore l'ex-ministre des Arts et de la Culture dépourvu d'investiture, Pradeep Roopun, sont parmi les plus cités pour remplir les fonctions de chef de l'État. Quant à la vice-présidence, dans les milieux du gouvernement, les noms de Françoise Labelle, Eddy Boissézon, Menon Murday et même Étienne Sinatambou, circulaient à hier après-midi. Les spéculations allaient bon train. Interrogés, ceux dont les noms étaient cités ne semblaient guère être au courant. Idem pour ministres et députés du gouvernement.

Bien que nous ayons tenté à de nombreuses reprises de contacter le bâtiment du Trésor afin d'obtenir une confirmation officielle, nos appels sont restés sans réponse. Pour rappel, interrogé sur l'identité du futur président et celle du vice-président de la République le vendredi 29 novembre, lors du point de presse qu'il animait sur la compensation salariale, le Premier ministre s'est montré avare de commentaires.

Pourquoi ce suspense ? Même si l'annonce des noms de ceux qui occuperont ces fonctions constitutionnelles au Parlement demeure la prérogative du Premier ministre, rarement aura-t-on vu une telle omerta, qui d'ailleurs, agace bien des parlementaires. À l'instar de Xavier-Luc Duval, leader de PMSD et ancien leader de l'opposition. «Le secret absolu entourant la nomination du président et du vice-président de la République est un manque de respect envers l'Assemblée nationale», dit-il. D'ajouter qu'il est «inacceptable» que les parlementaires n'obtiennent pas un délai raisonnable pour prendre connaissance des noms et qu'ils puissent en faire une opinion.

«Quel que soit le choix du gouvernement, je trouve tout à fait anormal qu'il n'ait pas été soumis à une réflexion ni à une prise de position réfléchie des parlementaires tout comme de l'opinion publique», avance le leader des Bleus qui sera absent de la séance parlementaire de ce matin sur avis médical. Pour Shakeel Mohamed, élu du PTr au Parlement, la bienséance aurait voulu que les parlementaires soient avertis au préalable. «C'est un exercice solennel. Je préfère ne pas commenter de façon critique car il s'agit de deux postes constitutionnels importants. Mais cela dit, j'aurais préféré que les choses se fassent autrement», indique-t-il.

Cette volonté de vouloir garder les nominations secrètes jusqu'au bout interpelle également des anciens présidents de la République, dont Kailash Purryag. Bien qu'il n'y ait rien dans la loi qui empêche le PM de faire durer le suspense, il estime qu'il ne s'agit pas d'une pratique correcte. «Les noms auraient, au moins, dû être dévoilées aux parlementaires. Si ce n'est pas le cas, c'est dommage. Tout le monde était au courant pour sir Veerasamy Ringadoo, Cassam Uteem, Karl Offman, sir Anerood Jugnauth, moi-même ou encore Ameenah Gurib-Fakim. Pourquoi ce changement maintenant ?» se demande Kailash Purryag.

Une situation jugée incongrue aussi par Raouf Bundhun, ancien vice-président de la République. «Généralement, les noms sont connus d'avance. Les noms des prochains titulaires figurent aussi sur la motion», fait-il ressortir.

L'ancien président de la République, Cassam Uteem est un peu plus nuancé, car dit-il, on ne peut dicter à un PM ce qu'il doit faire. «C'est lui qui décide. Certes, je ne comprends pas pourquoi il maintient le suspense autour de ces nominations mais il a le droit de le faire. Si je me rappelle bien, lorsque mon mandat avait été renouvelé en 1997, la motion avait été présentée la veille.»

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