Tunisie: La formation du gouvernement traine, les Tunisiens s'impatientent

Alger — Le chef du gouvernement désigné en Tunisie, Habib Jomli, peine encore à former un gouvernement, dix sept jours après sa désignation, au moment où les Tunisiens misent tant sur la nouvelle équipe pour une meilleure prise en charge de leurs préoccupations.

Habib Jomli a été désigné par le parti Ennahdha, majoritaire au Parlement, le 15 novembre et sa proposition a été entérinée par le président de la République, Kaies Saied le jour-même. Il avait entamé les concertations officielles avec les différentes formations politiques et sociales du pays le 19 du même mois.

Sa "bonne volonté" de former un gouvernement inclusif et basé sur la compétence comme seul critère ne l'as pas aidé dans sa mission. L'homme trouve encore toutes les difficultés pour convaincre les différentes formations politiques et les forces sociales du pays à dégager des noms susceptibles de faire partie de son équipe.

Cet état de fait se pose au sein même du parti Ennahdha qui n'a pas encore arrêté la liste des personnalités censées être dans le nouveau gouvernement. Ce parti a inscrit le point de la formation du nouveau gouvernement dans l'ordre du jour de son conseil de la Choura de dimanche.

"Un rapport détaillé sur les concertations effectuées par le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli a été présenté aux membres du conseil", a indiqué, Abdellatif Mekki, dirigeant d'Ennahdha, dans une déclaration à l'agence TAP, ajoutant que le conseil de la Choura discutera, également, du programme d'action du gouvernement.

Ennahda avait proposé, selon des sources concordantes auprès du parti, trois noms à choisir pour chaque département ministériel, et ce, en réponse à la demande de M. Jomli.

La non-proposition d'une liste définitive des noms ministrables se pose aussi auprès de toutes les formations politiques, selon des sources médiatiques locales.

Le parti Qalb Tounes, disposant de la deuxième majorité au sein du Parlement, n'a pas encore tranché la liste des noms à proposer.C'est le cas aussi, affirme-t-on, au sein du parti de Abir Moursi arrivé en troisième position lors des législatives du 6 octobre dernier. Certains partis, à l'image d' Al-Massar et le Front populaire se sont dit pas concernés par le prochain gouvernement.

Lire aussi: Nouveau Gouvernement tunisien: Ennahdha s'oppose à la participation de certains partis

La difficulté de former un nouveau gouvernement est dû, selon les observateurs de la scène politique tunisienne, à des facteurs objectifs.

Le fait que M. Jomli soit proche du Mouvement Ennahdha "dissuade", souligne-t-on, les formations politiques à coopérer activement avec lui".

Le choix de M. Jomli a été en outre critiqué par des partis politiques au lendemain de sa désignation, et l'homme doit "son ascension et parcours politique au parti Ennahdha", souligne-t-on de mêmes sources.

Il y a aussi la "façon" avec laquelle Habib Jomli est responsable "en partie" dans le retard qu'accuse la formation du nouveau gouvernement, s'accodent à dire les observateurs, expliquant que lors de ses entrevues avec les formations politiques, il "ne propose pas un programme et un plan de travail".

Habib Jomli a entre ses mains, selon la Constitution en vigueur, un mois renouvelable pour mettre sur pied son gouvernement, faute de quoi le président de la République procède à la nomination d'une nouvelle personnalité.

Des chantiers en série attendent le nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement en Tunisie aura du pain sur la planche. De nombreux chantiers sont en attente d'être lancés ou relancés dans tous secteurs confondus.

Ainsi, la relance de la machine économique, en berne depuis plusieurs années maintenant, est le grand chantier qui attend le nouveau cabinet. Nombre d'usines sont à l'arrêt ou en voie de déclarer faillite.

Les défis d'ordre sociaux à relever par le nouveau gouvernement sont aussi nombreux.

L'inflation et le chômage galopant "sont des bombes à retardement", font observer des analystes de la scène politique tunisienne.

Dans ce contexte, des aides sociales en faveur des couches sociales défavorises sont attendues. Il y a à ce propos plus d'un million de Tunisiens qui vivent sous le seuil de la pauvreté.

En outre, le lancement des projets d'habitat et d'aménagement urbain urgent aussi en Tunisie. Les spectacles "désolants" qu'offre le pays à chaque saison hivernale et pluies diluviennes doivent cesser, affirme-t-on.

Dans le domaine de la sécurité, de nombreux défis sont à relever, d'autant plus que la Tunisie a été la cible de terroristes ces dernière années, et sa sécurité peut être menacée en raison de la situation d'instabilité régnant en Libye, selon les mêmes sources.

A ce propos, l'armée tunisienne et les services de sécurité ont besoin de renouveler leurs équipements et de se doter des moyens de pointe de lutte antiterroriste capable de leur permettre de faire face au terrorisme de plus en plus redoutable.

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