Congo-Kinshasa: Manifestations contre l'insécurité à Beni - Au moins 5 personnes ont été tuées lundi au Nord-Kivu

Mission de maintien de la paix de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO)
2 Décembre 2019

La situation demeure explosive en province du Nord-Kivu depuis l'éclatement d'une vague de manifestations nées de la colère de la population, à la suite des tueries qui se sont accentuées dans la région. Les jours passent, et les morts se comptent aussi bien dans les rangs des manifestants que ceux des services de sécurité.

Ce lundi 2 décembre, journée pourtant décrétée « ville morte » par une certaine couche de la population, a produit des dégâts inattendus.

La matinée en ville de Beni, au cours des altercations qui ont opposé la police à des jeunes très agités, Kambale Lusimba, 29 ans et conducteur de moto, a succombé après avoir reçu une balle.

Rouges de colère, les protestataires se sont aussitôt dirigés vers le domicile du policier accusé d'être auteur de cet assassinat. De leur furie, ces derniers ont incendié le domicile de l'incriminé. Ensuite, ils s'en sont pris à l'agent de l'ordre du Groupe Mobile d'Intervention, (GMI), au quartier Ngongolio, cellule Tembela (Sikatenda) pour l'achever.

Après l'avoir agressé par des projectifs, ils l'ont brûlé. La mort de cet agent porte ainsi à 3, le nombre des policiers abattus par la masse depuis le début des manifestations contre l'insécurité dans la région de Beni, en plus des blessés dont 2 dans un état grave, selon un communiqué de la police rendu public le week-end dernier.

Pendant cette chaude empoignade au cours de laquelle la police a tenté de rétablir l'ordre, 2 autres manifestants ont été touchés et en sont morts, selon des sources concordantes. Ainsi, Beni a-t-il enregistré à lui seul 4 morts pour la seule journée de ce lundi 2 décembre 2019.

Par ailleurs, dans la cité de Kiwanja en territoire de Rusthuru, à des centaines de kilomètres de Beni, des manifestations de compassion envers les victimes de ces massacres qui se sont transformées en une action contre la Monusco ont émaillé la journée. De ce démêlé qui a opposé jeunes et policiers, Jean-Paul a été touché au ventre par une balle. Dépêché à l'hôpital de Buturande, ce père de famille n'a pas survécu à ses blessures.

Il s'agit donc là d'un bilan sanglant, au-delà des morts visés par les ADF il y a quelques jours, que viennent d'engendrer ces manifestations contre l'insécurité à Beni. D'ailleurs, des dégâts matériels demeurent également considérables.

Pourtant, dans son adresse le week-end dernier, la police a déploré les actes de vandalisme posés lors de récentes manifestations en province.

Elle a regretté « le comportement de certaines couches qui, au lieu de manifester par des voies démocratiques et pacifiques, s'adonnent à la destruction des infrastructures et à l'attaque contre la police. Depuis le début des manifestations, ces manifestants violents sont en train de poser des actes de vandalisme et de violence à Beni ville, Beni territoire, ville de Butembo et ville de Goma », déplore-t-elle.

Il sied de noter que les manifestants qui réclament la paix au Nord-Kivu sont de plus en plus devenus hostiles, de sorte que leurs actions semblent actuellement incontrôlables. Lundi 25 novembre, ceux-ci ont même mis du feu sur la mairie ainsi qu'une base de la Monsuco en ville de Beni.

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