Congo-Kinshasa: Jean-Pierre Lacroix - «La population ne doit pas se tromper de cible »

3 Décembre 2019

En séjour dans notre pays depuis le week-end passé, le Secrétaire adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, était face aux médias hier lundi 2 décembre 2019 au quartier général de la Monusco. Il avait à ses côtés, la cheffe de la Monusco, Leila Zerrougui et le coordonnateur de la cellule de communication du groupe des Nations, Matthias Gillman.

D'entrée de jeu, le diplomate français a rappelé à ses hôtes avoir séjourné au Nord Kivu et échangé avec le Chef d'Etat major général des FARDC Célestin Mbala, le ministre de la Défense, les députés nationaux du Nord Kivu.

L'hôte des médias a, au nom de son titulaire, fait état de la solidarité et de la compassion qu'il a envers les proches des victimes des tueries de Beni et des soldats onusiens et congolais blessés.

Insistant sur la volonté des officiels Congolais à poursuivre le partenariat avec les Casques Bleus, ce haut fonctionnaire onusien est revenu sur les propos du ministre de la Défense qui reconnaît les succès récoltés dans un passé récent par la Monusco. Ce grand commis de l'Etat reconnait que 135 des 145 territoires de la RDC sont calmes.

Lacroix est revenu ensuite sur la résolution prise dernièrement par l'Etat Congolais et les Casques Bleus de renforcer ce partenariat, d'avoir désormais une coopération beaucoup plus étroite, de planifier ensemble leurs actions en amont.

La réponse sécuritaire est importante mais la stabilisation des populations s'avère nécessaire pour les amener à mieux collaborer avec les forces loyalistes et par ricochet dénoncer les miliciens.

Dans la foulée, il a déploré les attaques contre les personnel médical commis à la lutte contre Ebola, soulignant que cela peut impacter sur les avancées réalisées jusqu'ici sur ce domaine.

Revenant sur la traque des ADF, il a souligné la nécessité de voir chaque partie jouer correctement sa partition dans le souci d'atteindre le résultat escompté.

Quant aux messages de désinformation et d'intoxication véhiculées contre la Monusco ces derniers temps, il a fait savoir que les forces de maintien de paix avaient payé récemment un lourd tribut, enregistrant 14 morts et une cinquantaine de blessés.

En clair, la population ne doit pas se tromper de cible et considérer les ADF comme des ennemis.

L'adjoint d'Antonio Gutteres a évoqué les critiques acerbes adressées par les élus du Kivu à l'endroit de la Monusco, affirmant n'être pas offusqué par ces remarques. Reconnaissant que la Monusco doit redoubler d'efforts, il a rappelé que les Casques Bleus sont en RDC sur demande du Conseil de Sécurité de l'ONU et de l'Etat congolais.

Equation à plusieurs inconnues

Les professionnels des médias ont voulu savoir s'il n'y a pas un schéma approprié pour bouter définitivement les ADF hors de la RDC ou encore s'il n'est pas indiqué de remplacer la Monusco par la force Artémis par exemple.

Répondant à ces préoccupations, le diplomate français est revenu sur la frustration des kivutiens, le caractère asymétrique de la guerre menée par les ADF et la nécessité d'imaginer des actions complémentaires pour l'intérêt des populations. Il a souligné le danger d'avoir une vision simpliste sur les ADF en arguant qu'en menant simplement des offensives, le succès est garanti

De fil en aiguille, il en est venu au problème de l'impunité. Les autorités judiciaires ont intérêt à punir les personnes reconnues coupables des cas de violation des droits de l'homme et autres.

Quant au ras le bol des kivutiens contre la Monusco, il a dit qu'il n'a pas d'éléments précis pour réagir clairement sur cette question du départ ou non de la Monusco.

Tout en concédant tenir compte des opinions, il a affirmé que la Monusco travaille avec des officiels.

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