Libye: L'aéroport international de Mitiga bientôt opérationnel

L'information a été donnée par le ministère libyen des Transports, assurant dans un communiqué que tout sera mis en œuvre pour préserver l'infrastructure d'éventuelles attaques rebelles, notamment de l'Armée nationale libyenne (ANL) de l'homme fort de l'est du pays, Khalifa Haftar.

Situé à environ 200 km à l'est de Tripoli, la capitale, l'espace aéroportuaire avait été fermé, en septembre dernier, après avoir été touché par des bombardements. Depuis lors, tous les vols étaient redirigés vers Misrata.

A compter de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar, en début avril dernier, pour s'emparer de la capitale libyenne, siège du gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU, la banlieue sud de la capitale est le théâtre de violents combats.

Du reste, la Libye tout entière est déchirée par des conflits fratricides, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011. Et certaines puissances étrangères sont accusées de mener une guerre par procuration à partir de l'offensive lancée par l'homme fort de la Cyrénaïque. Si les Emirats, l'Egypte et l'Arabie saoudite sont accusés de soutenir le maréchal Khalifa Haftar, le Qatar et la Turquie, quant à eux, appuient le GNA, selon des experts.

Par ailleurs, selon un récent rapport confidentiel d'experts onusiens, la Jordanie, la Turquie et les Emirats arabes unis sont accusés de violer l'embargo sur les armes en Libye, laissant perdurer le conflit dans le pays. Les auteurs de l'étude déplorent l'intensification « d'un conflit par procuration ».

Dans une synthèse accompagnant leur étude, les experts ont été plus précis sur les actions menées par les trois pays pour fournir des armes aux protagonistes libyens. « Les Emirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont fourni des armes de manière régulière et parfois flagrante sans vraiment d'efforts pour en dissimuler la provenance », soulignent les experts dans le document.

Le rapport signale que la Jordanie a formé des troupes du maréchal Khalifa Haftar, qui a déclenché en avril une offensive militaire pour s'emparer de Tripoli. Il assure que les Emirats arabes unis, autre soutien du maréchal, ont utilisé des avions-bombardiers au profit des troupes de l'homme fort de l'est libyen.

La présence de groupes armés étrangers signalée

Les diplomates avancent aussi que ce pays pourrait être impliqué dans le bombardement d'un centre de détention de migrants dans la banlieue de Tripoli, le 2 juillet dernier, qui avait fait une cinquantaine de morts. Sur ce point, le rapport fait mention de l'implication « probable » d'un avion étranger, sans apporter de réponse définitive. Il a évoqué, de manière générale, le recours à des F-16 de fabrication américaine et Mirage 2000-9 de fabrication française - deux types d'appareils en dotation dans l'armée de l'Air des Emirats - qui avaient été utilisés dans le bombardement.

S'agissant de la Turquie, qui a apporté ouvertement son soutien au gouvernement du Premier ministre, Fayez al-Sarraj, l'étude indique qu'elle a fourni du matériel à ses troupes, allant des véhicules blindés aux drones.

Outre la Jordanie, la Turquie et les Emirats arabes unis, les experts ont aussi « identifié la présence de groupes armés tchadiens et soudanais en soutien aux forces affiliées au GNA (gouvernement de Sarraj) et à l'ANL ». « Bien que les capacités militaires des deux parties aient apparemment été renforcées, l'impact des groupes armés étrangers sur le règlement du conflit est resté en réalité limité », précisent les diplomates, qui soulignent attendre des réponses de plusieurs Etats membres de l'ONU à leurs questions.

« Les parties des deux côtés ont reçu des armes et de l'équipement militaire, du soutien technique et des avions de combat non-libyens en violation de l'embargo sur les armes », assure le rapport qui souligne : « Le groupe d'experts a identifié de multiples actes qui menacent la sécurité, la paix et la stabilité en Libye ».

Le document s'interroge sur plusieurs interférences étrangères et évoque, outre les pays déjà cités, l'Egypte, la France, l'Arabie saoudite et le Qatar. « Les opérations militaires ont été dominées par le recours à des munitions guidées de précision tirées par des drones, ce qui a permis dans une certaine mesure de limiter les dommages collatéraux attendus dans un conflit de ce type », notent les experts. Ils ajoutent que depuis le déclenchement de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar, une « nouvelle phase d'instabilité, combinée avec des intérêts de plusieurs Etats et d'acteurs non étatiques, a amplifié le conflit par procuration qui s'est développé depuis 2011 ».

Notons que selon l'ONU, les combats entre les troupes fidèles au GNA et celles du maréchal Khalifa ont déjà fait plus de mille morts et cent vingt mille déplacés depuis avril.

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