Sénégal: VIH/SIDA-Attente des objectifs sérologiques, antiviraux et de réduction de la charge virale en 2020 - Le pays , encore loin du rendez-vous

3 Décembre 2019

2020 s'annonce à grands pas pour les acteurs de la riposte au VIH/Sida. Ces derniers s'activent pour réduire l'écart de l'épidémie afin d'arriver au rendez-vous des objectifs intermédiaires pour son éradication en 2030. Il s'agit pour les pays de travailler à dépister 90% des personnes vivant avec la maladie, de mettre 90% des Pv/Vih sous traitement, mais aussi d'arriver à ce que 90% des personnes sous traitement antirétroviral en soient à une charge virale indétectable en 2020. Malheureusement, le Sénégal risque de ne pas être au quai.

Le Sénégal risque de ne pas être au rendez-vous de 2020 sur l'atteinte des 90- 90-90 dans la lutte contre le Vih/Sida. S'il a fallu dépister, à l'horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le Vih, de mettre 90% de ces dépistées sous traitement antirétroviral durable, et d'arriver à ce que 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral aient une charge virale durablement supprimée, le Sénégal est en deçà des objectifs fixés par l'Onusida. Aujourd'hui, le pays de la Teranga est à 72% pour le premier objectif ayant trait au dépistage, 71% au traitement et 64% à la charge virale indétectable, selon la secrétaire exécutive du conseil national de lutte contre le Sida (Cnls).

Pour Dr Safiètou Thiam, le Sénégal peut se féliciter des résultats obtenus et dont le mérite revient au travail abattu par les communautés. « En 2000, être atteint du Vih-Sida était vu comme une condamnation à mort pour la personne. Mais avec le progrès, les personnes peuvent vivre très longtemps avec leur maladie », a fait savoir Dr Thiam lors de l'Assemblée générale de l'Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs) à Dakar au mois de novembre dernier. Même si le Sénégal ne sera pas au rendez vous de 2020, il reste l'un des pays de l'Afrique de l'Ouest et du centre qui a le plus progressé dans la lutte.

« Ce qui pose problème dans l'atteinte des 90-90- 90, c'est la reste la charge virale durablement supprimée. Il y a une inégalité dans la disponibilité de matériels. Il y a des régions qui en sont dépourvues et cela rend difficile l'atteinte du dernier 90. Il se pourrait même que dans les personnes bénéficiaires du traitement antirétroviral certaines présentent une charge virale indétectable. Mais si elles ne sont pas mesurées, forcément elles ne peuvent pas être comptabilisées», a souligné un acteur de la lutte dans la région de Dakar. Et de renseigner : « pour la prise en charge des malades du Sida, le Sénégal reste un bon élève.

Les épisodes de rupture de médicaments sont devenues un mauvais souvenir depuis bien longtemps et les campagnes de dépistage se tiennent régulièrement ». Au Sénégal, la frange la plus touchée par la maladie avec les nouvelles infections demeure les enfants. Selon la secrétaire exécutive du Cnls, les enfants de 0-4ans représentent un tiers des nouvelles infections. Ce qui est à ces yeux une injustice pour ces derniers. Chez les jeunes de 15 à 25 ans, les nouvelles infections sont à 32%. « Certes les résultats sont encourageants mais ce qui se passe est que pendant très longtemps nous avons dépisté, traité mais oublié la prévention de base. Les nouvelles infections ont pris des proportions et les enfants paient cette injustice » a laissé entendre Dr Safiétou Thiam.

Pour rappel, depuis leur lancement à la 20ème Conférence internationale sur le sida à Melbourne en 2014, les objectifs 90-90-90 sont devenus un pilier central de la quête mondiale pour mettre fin à l'épidémie de sida. Les objectifs reflètent, selon les acteurs de l'Onusida, un changement fondamental dans l'approche mondiale du traitement du VIH, en s'éloignant de l'accent mis sur le nombre de personnes ayant accès au traitement antirétroviral pour donner une plus grande importance à la suppression de la charge virale chez les personnes vivant avec le VIH.

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