Sénégal: Serigne Mbaye Thiam, Ministre de l'Eau, sur la grève des travailleurs de la SDE- «Le gouvernement du senegal ne peut pas passer 10%»

3 Décembre 2019

Face aux députés hier, lundi 2 décembre, le ministre de l'Eau et de l'Assainissement, Serigne Mbaye Thiam a fait savoir que l'Etat du Sénégal ne compte pas dépasser 10% en ce qui concerne l'exigence de 15% du capital réclamée par l'intersyndicale des travailleurs de la Sénégalaise des eaux (SDE) qui est en grève depuis hier et ce pour trois jours. Toutefois, dit-il, toutes les dispositions ont été prises par les autorités administratives pour assurer la continuité du service public de l'eau. D'ailleurs, il devrait rencontrer les grévistes dans l'après-midi d'hier.

Le ministre de l'Eau et de l'Assainissement, Serigne Mbaye Thiam n'est pas allé par quatre chemins pour dire ses vérités à l'intersyndicale des travailleurs de la Sénégalaise des eaux (SDE) en grève de trois jours, à compter d'hier lundi. Il l'a fait savoir hier, lundi 2 décembre à l'Assemblée nationale, lors du vote du budget 2020 de son département. Alors que ces travailleurs réclament 15% du capital après l'attribution du contrat d'affermage de l'eau en milieu urbain à SUEZ, Serigne Mbaye Thiam a déclaré que «le gouvernement ne peut pas dépasser 10%». Et de souligner: «lorsque l'attribution a été faite à SUEZ, j'ai reçu le syndicat des travailleurs. Ils m'ont fait part de leurs exigences d'avoir un poste d'administration et d'avoir 15% du capital. On fait les concertations nécessaires au niveau du gouvernement, j'avais pensé que c'était sain que des travailleurs s'intéressent à leur outil de travail», a fait savoir Serigne Mbaye Thiam.

Sur ce, a-t-il ajouté, le gouvernement a décidé de porter la part des travailleurs de 5% à 10%. «Le gouvernement a dit: «on fait passer les 5% à 10%». Mais, comme les travailleurs de la SDE avaient déjà 5%, on leur rajoute 1% supplémentaires sur les 5% et les 4% sont partagées entre les travailleurs de l'ONAS (Office national de l'assainissement) et les travailleurs de la SONES (Société Nationale des Eaux du Sénégal). On a porté cette information aux travailleurs de la SDE en leur disant: «on a accédé à la préoccupation d'avoir un poste au Conseil d'administration». Mais, ils pensent qu'ils doivent aller audelà de ça. Et depuis lors, ce qui n'est pas compréhensible, c'est que le gouvernement a fait des pas et eux, ils sont restés sur leur exigence de 15%, sans faire de contre proposition à 12%, à 11% ou bien à 13%», a souligné le ministre.

Et d'ajouter: «au même moment, les travailleurs de la SONES, société de patrimoine qui fait les travaux pour que la SDE les exploite pour donner de l'eau avait indiqué qu'en 1996, lorsque on a fait la reforme, les 5% qui avaient été octroyés en 1996, c'était pour tous les travailleurs du secteur. Mais comme les autres n'avaient pas libéré leur part entre temps, c'est en 2012 que les travailleurs de la SDE ont pris la totalité des 5%».

A en croire Serigne Mbaye Thiam, tout a commencé lorsque le gouvernement du Sénégal a voulu lancer l'Appel d'offres pour le service public de l'eau potable en milieu urbain en 2017. En effet, l'Etat avait mis dans le dossier que le partenaire stratégique qui sera recruté aura 45%, l'Etat du Sénégal 25%, le secteur privé national 25% et les travailleurs 5 %. « C'est sur la base de ce dossier d'Appel d'offres qui a été lancé en 2017 que les entreprises ont soumissionné. Donc, quelque part, l'Etat du Sénégal a engagé sa parole dans un dossier d'Appel d'offres sur la base duquel les entreprises ont soumissionné. Mais, en 2018, lorsque les travailleurs avait manifesté une préoccupation d'avoir 15%, non pas un protocole d'accord mais un compte rendu de réunion a été signé qui indiquait que le gouvernement examinera la possibilité sur la part du capital une fois que l'opérateur sera choisi. Il y avait une deuxième revendication qui était la présence au Conseil d'administration de de la nouvelle société qui sera installée», a rappelé Serigne Mbaye Thiam. Toutefois, il a invité les travailleurs de la SDE à des discussions.

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