Zimbabwe: La moitié de la population est confrontée à une grave insécurité alimentaire (PAM)

3 Décembre 2019

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) étend ses opérations d'urgence déjà importantes au Zimbabwe, où la sécheresse, les inondations et l'effondrement macroéconomique ont plongé 7,7 millions de personnes - la moitié de la population - dans une grave insécurité alimentaire.

« Avec les mauvaises pluies prévues à l'approche de la récolte principale en avril, l'ampleur de la faim dans le pays va s'aggraver », a alerté mardi le Directeur exécutif du PAM, David Beasley, dans un communiqué.

Selon l'agence onusienne, le Zimbabwe est confronté à la pire crise alimentaire depuis plus d'une décennie. Une crise qui s'inscrit dans le contexte d'une catastrophe climatique sans précédent en Afrique australe. « Les températures dans la région augmentent deux fois plus vite que la moyenne mondiale et les agriculteurs de subsistance du pays subissent de plein fouet les saisons des pluies de plus en plus irrégulières », a précisé le PAM.

Pour cette agence des Nations Unies, la crise au Zimbabwe est exacerbée « par une grave pénurie de devises étrangères, une inflation galopante, un chômage croissant, une pénurie de carburant, des pannes d'électricité prolongées et des pertes de bétail à grande échelle ».

Le PAM prévoit de fournir 240.000 tonnes de denrées alimentaires jusqu'en juin

La population zimbabwéenne subit les effets de la crise aussi bien dans les villes que dans les campagnes. « Nous sommes plongés dans un cercle vicieux. La malnutrition atteint des taux dramatiques et frappe le plus durement les femmes et les enfants. Il sera difficile de l'enrayer », a ajouté M. Beasley.

Face à cette urgence humanitaire, l'intensification de l'aide prévue par le PAM reste tout de même une énorme entreprise logistique. « La disponibilité limitée des dollars zimbabwéens et la flambée des prix des produits de base laisse présager une transition quasi-totale de l'aide en espèces aux distributions alimentaires », a précisé l'agence onusienne qui prévoit l'approvisionnement, l'achat et la livraison de plus de 240.000 tonnes de denrées alimentaires jusqu'en juin. Un défi d'autant plus grand que la sécheresse et les inondations ont impacté les approvisionnements alimentaires dans une grande partie de l'Afrique.

Selon le PAM, le nombre de personnes auxquelles il vient en aide au Zimbabwe va plus que doubler d'ici janvier pour atteindre 4,1 millions de personnes, ce qui impliquera de fournir des rations vitales de céréales, de légumineuses et d'huile végétale ainsi que des rations alimentaires spécifiques pour les enfants de moins de 5 ans.

Mais des fonds sont nécessaires d'urgence afin que le PAM puisse répondre aux besoins croissants des Zimbabwéens les plus touchés. Le montant nécessaire pour l'intervention d'urgence de l'agence onusienne est estimé à 293 millions de dollars. A ce jour, moins de 30% de ce montant a été sécurisé.

Le Zimbabwe sur le point de subir une famine « créée par l'homme » (experte indépendante de l'ONU)

Le PAM rappelle que l'attention immédiate portée à l'aide d'urgence ne doit pas faire oublier les investissements nécessaires dans les programmes de résilience qui aideront les personnes souffrant de faim chronique à faire face aux effets de plus en plus graves des conditions météorologiques irrégulières. « Nous exhortons la communauté internationale à accroître les financements pour s'attaquer aux causes profondes de la faim à long terme au Zimbabwe », a dit M. Beasley.

Jeudi dernier, la Rapporteure spéciale de l'ONU sur le droit à l'alimentation avait averti que le Zimbabwe était sur le point de subir une famine « créée par l'homme », avec 60% de sa population en proie à l'insécurité alimentaire. Hilal Elver a classé Hararé parmi les quatre pays dans le monde où la pénurie alimentaire est la plus forte, si on exclut ceux touchés par la guerre, à l'issue d'une visite de onze jours dans le pays.

« Aujourd'hui, le Zimbabwe figure parmi les quatre pays où l'insécurité alimentaire est la plus élevée », a souligné Mme Elver, évoquant « le chiffre vertigineux de 5,5 millions de personnes actuellement confrontées à l'insécurité alimentaire » dans les zones rurales, en raison d'une sécheresse.

Selon l'experte indépendante onusienne, quelque 2,2 millions de personnes subissent également une pénurie alimentaire en zone urbaine, où ils sont également privés de services publics de base, comme l'eau potable et l'accès aux soins. « D'ici la fin de l'année, dans quelques semaines seulement, la sécurité alimentaire va continuer à se détériorer, et ce sont huit millions de personnes, selon les estimations, qui auront besoin d'une aide urgente », avait alerté Mme Elver.

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