Burkina Faso: Terrorisme - Terreur sur l'axe Fada-Pama

Photo: fasozine
Photo d'illustration

Après l'opération Otapuanu, il y avait une accalmie apparente, aussi bien sur l'axe Fada-Pama que dans l'ensemble de la région. Mais l'horreur semble reprendre ses droits.

Depuis le mardi 26 novembre 2019, nombre de hameaux de culture des villages de Natiaboani et de Nagré ont reçu la visite de ces hordes qui ont mis tout à feu et à sang. Ceux qui tentaient de fuir avec leurs récoltes ont été rattrapés et délestés de leurs produits, brûlés avec les motos.

Des exactions qui ont poussé des milliers de pauvres villageois à se réfugier dans la ville de Fada N'Gourma, d'où certains ont rejoint leur localité dans la Gnagna, dans le plateau mossi ou ailleurs dans d'autres régions du pays.

Les récits faits par les rescapés font froid dans le dos. Ils sont venus sur plus de 24 motos à raison de 2 assaillants par moto. A leur arrivée, ils ont simplement dit qu'ils nous avaient prévenus de ne pas rester là.

Puis ils se sont mis à brûler les concessions, les récoltes, les motos, et à tuer les gens », raconte Mahamoudou Idani, habitant de Natiaboani.

Il précise que les zones les plus touchées sont, entre autres, le PK 60, Nakiembouri et Konkounfouanou. Les cadavres jonchent toujours le sol et il n'y a que les vautours qui planent sur les villages abandonnés.

Mahamoudou Idani a eu juste les temps de fuir de son champ pour rentrer à Natiaboani

Un vieux de plus de 60 ans qui a quitté Konkounfouanou depuis le déclenchement de la violence est arrivé avec sa femme et ses enfants mardi matin, tout exténué, n'ayant rien mangé depuis cinq jours. Une veuve portant son enfant dit avoir assisté impuissante à l'assassinant de son mari.

Cela fait une semaine que les premiers hameaux de culture ont été attaqués et brûlés. Le mardi 3 décembre, les gens continuaient à affluer vers Fada N'Gourma. Les tricycles et les camions qui acceptent d'y aller chercher les récoltes ou des animaux restés là sont assaillis.

Naturellement les prix ont été revus à la hausse, mais qu'importe. Pourvu que les bagages rejoignent les propriétaires là où ils ont décidé d'aller.

La patrie étant en danger, les Burkinabè de cette Région ont compris que seule la solidarité peut les sauver. Mettons-nous debout comme un seul homme contre l'ennemi commun.

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