Congo-Kinshasa: La grogne continue à Goma, les meneurs menacés de poursuites judiciaires

3 Décembre 2019

Alors que l'armée vient de publier le bilan provisoire des opérations lancées contre les rebelles de l'ADF, la mobilisation se poursuit dans les rues de Beni et Goma. Mais désormais, les leaders risquent des poursuites.

Le bilan provisoire des opérations de l'armée lancées le 30 octobre contre les rebelles ougandais de l'ADF fait état de quatre chefs ADF tués ainsi que près de 80 autres rebelles.

Ce bilan a été communiqué alors que plusieurs jeunes étaient encore dans la rue pour demander le départ de la Monusco, la mission militaire de Nations unies.

Des journées villes mortes ont été décrétées hier et aujourd'hui pour soutenir les familles des victimes des derniers massacres commis par les ADF.

Mais ces journées villes mortes ont été endeuillées à leur tour par la mort de deux personnes tuées par balles. Des témoins sur place parlent de tirs de la police pour disperser la foule.

Par ailleurs, la paralysie des activités dans cette région risque d'avoir un impact sur les opérations militaires en cours contre les ADF.

Selon une source proche des questions sécuritaires, les militaires auraient en effet des difficultés pour se ravitailler en nourriture.

Des procédures judiciaires ouvertes

Après le saccage de la mairie de Beni ainsi que la destruction du quartier général de la Monusco dans cette même ville, la justice militaire a ouvert une procédure contre les leaders des manifestations.

Contacté par la DW, Shafi Musitu, porte-parole du groupe de pression Véranda Mutsanga, l'un de groupes qui ont appelé à manifester

contre la mission onusienne en RDC, parle d'atteinte à la liberté de manifester.

"Nous sommes des légalistes, nous connaissons la loi et nous menons des actions pacifiques. Je trouve que cette plainte n'est pas opportune parce qu'on cherche toujours à frustrer la population. Mais nous allons continuer par des actions sur le terrain à demander le départ de la Monusco. C'est ça notre demande, c'est ça notre lutte actuellement."

Lors de la deuxième journée villes mortes, toutes les activités sont restées paralysées à Beni ainsi qu'à Butembo.

Lundi et mardi, les habitants de Beni ont été appelés à marcher pieds nus, une façon d'implorer la grâce des ancêtres pour soutenir l'armée dans les opérations pouvant mettre fin à l'insécurité dans cette zone.

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