Cameroun: L'opposition camerounaise divisée sur le processus électoral

29 Novembre 2019

Le MRC appelle au boycott, le SDF menace de se retirer du processus alors que Cabral Libii demande d'abord une prolongation du délai de dépôt des candidatures. L'opposition affiche diverses postures face aux élections.

A un peu plus de deux mois des élections municipales et législatives, le conseil électoral a tenu sa deuxième session ce vendredi (29 novembre) dans le cadre des préparatifs. Pendant ce temps, la liste des réserves émises par l'opposition se rallonge.

Cette semaine (jeudi 28 novembre), le plus grand parti d'opposition, le Social democratic front (SDF) a menacé de boycotter les élections si la paix ne revenait pas dans l'ouest anglophone du pays. Quelques jours avant et pour la même raison entre autres, c'est l'opposant Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), qui appelait tous les partis et la société civile à se retirer du processus électoral.

Quant à Cabral Libii, président du parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) arrivé troisième lors de la présidentielleen 2018, celui-ci n'appelle pas systématiquement au boycott mais demande que le délai de dépôt des dossiers de candidatures clôturé lundi (25 novembre) soit rallongé. Le jeune opposant se plaint d'entraves qui auraient "empêché que (son parti) puisse déposer au moins la moitié des dossiers" de candidature.

Pour résoudre ce problème, Cabral Libii demande "une prolongation de quinze jours du dépôt des dossiers pour que les injustices soient réparées". Si cette demande n'était pas satisfaite, son parti pourrait à son tour "ne pas participer aux élections", explique l'opposant.

Parmi les entraves, Cabral Libii critique certains élus et administrateurs locaux qui refuseraient de signer certains documents nécessaires à la constitution des dossiers de candidatures. "Une stratégie de disqualification pré-électorale", dénonce-t-il.

S'agissant de la différence de posture des partis d'opposition par rapport à la tenue des élections, Cabral Libii soutient qu'il peut paraître "paradoxal que les acteurs qui sont allés à l'élection présidentielle alors que la crise (anglophone) battait son plein, aient une posture différente maintenant pour les élections locales alors que c'est la même crise qui bat son plein".

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