Namibie: Elections sur fond de corruption

Le Mouvement des peuples sans terre menant une campagne de porte à porte à Swakopmund.
27 Novembre 2019

Sauf un coup de théâtre, le président sortant, Hage Geingob, 78 ans, et son Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (Swapo) devraient rempiler pour cinq ans face à une opposition désunie.

La Namibie, un pays au sous-sol riche en ressources minérales comme l'uranium ou les diamants, fait face à une grogne croissante de la population contre la crise économique et la corruption.

Et c'est entre la récession, la chute des cours des matières premières, une sécheresse persistante et le chômage qui frappe un tiers de la population que les Namibiens choisissent leurs nouveaux dirigeants dans un climat plutôt tendu.

Détournements de deniers publics

Un scrutin qui se déroule également sur fond de scandale de corruption qui éclabousse le régime du président sortant Geingob.

Des responsables de son gouvernement sont accusés d'avoir touché l'équivalent de dix millions de dollars de pots-de-vin de la part d'une entreprise de pêche islandaise. Ce qui a contraint deux ministres à démissionner, à quelques jours seulement du scrutin.

Corruption et népotisme, des problèmes qui nuisent au quotidien des 2,5 millions de Namibiens comme le reconnait Chelwa, âgé de 25 ans.

"Ma grand-mère doit parcourir 100 kilomètres pour se rendre à l'hôpital le plus proche. Il n'y a pas de médecin à proximité de leur village. Si des millions de dollars namibiens n'avaient pas disparu sans laisser de traces, la situation serait différente."

Une situation qu'entend combattre Panduleni Itula, 62 ans, sous l'étiquette indépendante un membre dissident de la Swapo.

Mais pour Ndumba Kamwanyah, maître de conférences à l'université, la crise liée au scandale de corruption qui éclabousse la Swapo a déclenché une lutte de pouvoir. "Bien que cela ne soit pas dit, nous pensons qu'une des factions est derrière le candidat indépendant."

Ces dernières semaines, Panduleni Itula a accusé le président sortant d'avoir bradé les richesses du pays aux étrangers. L'opposition, divisée, ne semble toutefois pas en mesure de profiter de ce climat de tension.

Henning Melber, chercheur à l'Institut nordique africain d'Uppsala, estime que cela pourrait tout de même avoir un impact.

"Peut-être que pour la première fois depuis l'indépendance, le président obtiendra moins de voix pour son parti. Jusqu'ici, les votes ont toujours été plus élevés".

Le passé allemand a également été abordé durant le processus électoral. Esther Muinjangue, première femme candidate à la présidence en Namibie, dit attendre, en tant que Herero, des signes clairs du gouvernement fédéral à Berlin.

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