Congo-Kinshasa: Accusée pour ses investissements en RDC, la banque allemande DEG se défend

27 Novembre 2019

Dans un rapport, l'ONG de défense des droits de l'Homme HRW explique comment certaines banques négligent de protéger l'environnement et les droits des personnes qui travaillent dans des plantations qu'elles financent.

Un sale investissement : rôle des banques européennes de développement dans les abus commis dans le secteur de l'huile de palme en République Démocratique du Congo, c'est le titre du dernier rapport de Human Right Watch sur la RDC.

L'organisation de défense des droits de l'Homme pointe du doigt quatre banques de développement: la banque belge (BIO), britannique (CDC Group), allemande (DEG) et néerlandaise (FMO).

Des banques qui ont depuis 2013 investi 100 millions de dollars américains dans Feronia et sa filiale Plantations et Huileries du Congo (PHC) en République Démocratique du Congo. Cette filiale PHC est un des cinq premiers employeurs au Congo, avec plus de 10.000 travailleurs et environ 100.000 personnes vivant au sein de ses plantations.

Droits des travailleurs bafoués

Des travailleurs dont les droits ne sont pas respectés, selon Luciana Téllez-Chávez chercheuse à HRW qui a travaillé sur le rapport.

"L'entreprise d'huile de palme financée par ces quatre groupes de développement européens expose ces travailleurs à des pesticides dangereux, sans leur fournir des équipements adéquats de protection. Elle rejette des déchets industriels dans les cours d'eau locaux qui ont apparemment contaminé la seule source d'eau potable pour des centaines de personnes et elle se livre à des pratiques d'emplois abusifs."

Des pratiques abusives qui se traduisent par des salaires très bas. Beaucoup sont payés, selon HRW, moins 1,90 dollar par jour, le seuil d'"extrême pauvreté" défini par la Banque mondiale.

Réactions des banques

Interrogé sur le sujet, la Deutsche Investitions- und Entwicklungsgesellschaft (DEG), la banque de développement allemande citée dans le rapport a réagi par écrit pour préciser:

"Les salaires versés par PHC (Plantations et Huileries du Congo) dépassent le salaire minimum légal pour l'agriculture en RD Congo et ont été régulièrement augmentés ces dernières années. Les salaires ont été négociés avec les syndicats et convenus dans une convention collective. Le paiement des salaires pour le travail effectué se fait, selon nos informations, régulièrement et ponctuellement."

Sur la pollution de l'environnement, la banque assure par ailleurs que, toujours selon ses informations :

"PHC a fourni des vêtements de protection aux travailleurs et les a constamment encouragés à les porter. Afin de fournir de l'eau potable aux employés et aux communautés locales, 72 puits ont été récemment créés ou réhabilités dans le cadre d'un programme de construction de puits par PHC. La société a investi plus d'un million de dollars pour cela. La qualité de l'eau de boisson a été vérifiée à notre connaissance sur une base continue, la dernière fois en septembre 2019."

Luciana Téllez-Chávez, la chercheuse de HRW, reconnait en effet que les banques de développement incriminées prennent un certain nombre de mesures pour améliorer les conditions de vie et de travail mais regrette toutefois un manque de volonté de ces institutions pour prévenir les abus. Le rapport devrait être présenté prochainement au gouvernement congolais.

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