Congo-Kinshasa: Kongo Central - La population saccage le poste de péage de Nsanda/Kindunga

Lundi 2 décembre 2019 a été une journée très chaude dans le territoire de Seke-Banza, secteur de Lufu sur la nationale n° 1, tronçon Matadi-Boma. Les habitants du coin désapprouvent l'installation du poste de péage au village Kindunga.

Pour manifester leur réprobation contre les initiateurs de cet ouvrage qui servira plus leurs intérêts que ceux de la population locale ou de la province, les habitants ont saccagé les installations et guichets de ce péage en les démolissant, emportant ordinateurs et autres effets commis à cette fin.

Ils étaient déterminés à tout casser. Du bâtiment administratif de la Société de gestion de péage du Congo (Sopeco), il ne reste plus rien. Documents emportés, vitres cassées, portes enfoncées... Le poste, quant à lui, a été incendié. Les barrières et autres matériels électroniques ont été consumés par les flammes. «Nous ne voulons pas de ce poste de péage. Nous voulions déjà le détruire mais c'était sans compter avec la police. Cette fois c'est fait. Nous avons tout emporté, même les ordinateurs », explique un chauffeur.

Ils justifient leur mouvement de colère par le fait que ce énième poste de péage serait de trop sur la nationale n°1 après ceux de Kenge, Pont Maréchal, de la route de Lufu et de la route Ango-Ango. Aussi, les frais à payer pour chaque catégorie des véhicules seraient exorbitants. Ce qui fait plus révolter la population, c'est le fruit de ces péages qui ne profite pas à la province et surtout à la population. Initiés par le gouverneur de province Tsasa-di-Ntumba d'heureuse mémoire, les recettes de péages devraient servir à booster le développement de la province par la réhabilitation, la construction des routes de desserte agricole et autres infrastructures de bases tant en milieu rural qu'urbain.

Mais hélas ! Tout ce que produisent ces péages servent plus au bonheur des agents qui y prestent, à leurs mentors et à leurs affidés. Quant à la province et même aux ayants droits fonciers, c'est de la poudre aux yeux. Or, avec tous ces postes de péages et les 10 Centimes de FC versés à la Foner à chaque achat d'un litre d'essence ou carburant à la pompe dans toutes les stations d'essence, la province du Kongo Central ne devrait pas afficher l'image d'un parent pauvre comme c'est le cas aujourd'hui.

Si la province manque de tout : infrastructures sportives, éclairage public, accessibilité difficile à l'eau potable, manque des artères viables dans les villes, manque des ponts, etc. C'est parce que la gestion de ces péages est confiée à des personnalités peu soucieuses du développement de la province. Comme qui dirait : « Ntoto weno, mawete ma beto », littéralement « la terre est à vous (vous appartient), le bonheur est pour les autres».

En un mot comme en mille, voilà ce qui explique la colère ou la désapprobation de ce énième poste de péage de la population du territoire de Seke-Banza, secteur de Lufu. Une opinion qui serait d'ailleurs partagée par l'ensemble de la population du Kongo Central qui serait devenue la risée des pouvoirs centraux du pays. Mais, il n'en sera pas toujours ainsi...

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