Togo: Près de 2 millions de dollars pour booster le secteur agroforestier togolais

4 Décembre 2019

La 55ème session du Conseil International des Bois Tropicaux (CIBT) a été ouverte à Lomé depuis le lundi 02 Décembre dernier.

Initiative de l'Organisation Internationale des Bois Tropicaux (OIBT), il s'agit d'une session qui devra permettre de renforcer davantage le partenariat entre cette organisation et les autres institutions impliquées dans le renforcement de l'action visant à protéger les forêts et partant l'environnement.

Pour ce rendez-vous de Lomé, le pays a soumis aux différents acteurs réunis dans la capitale togolaise, trois projets et un avant-projet d'un montant total de près de 2 millions de dollars qui est en attente de financement. Des informations reçues près des tenants du secteur de l'environnement et du bois au Togo, ces projets en question sont articulés autour du renforcement des conditions de protection, préservation des forêts et de promotion de l'économie verte dans le pays. Visiblement optimiste, le PM togolais, Komi Klassou qui a ouvert les travaux de cette 55ème session à travers un tweet a laissé éclater son espoir. « Le Togo espère que ses trois projets et un avant-projet d'un montant total de 1.926.318 dollars US en attente de financement attireront l'attention du CIBT », ce sont là des mots du chef du gouvernement togolais.

Mais avant, voici un extrait du discours du PM qui faisait le point sur l'état de santé du secteur bois au Togo, lors de la cérémonie d'ouverture...

« Comment se présente la situation au Togo ?

L'état sommaire du secteur forestier de notre pays qui résulte de l'inventaire national de 2016 révèle un taux de couverture forestière de 24,24% toutes strates confondues et un taux moyen de déforestation d'environ 0,42%.

La tendance à la baisse de la couverture forestière nationale qui se dégage nous renforce dans la conviction que nous devons davantage œuvrer contre la déforestation et mieux restaurer nos écosystèmes forestiers.

Voyant venir la menace, et fort de l'adage universel qui dit que, je cite : « celui qui a planter un arbre avant de mourir n'a pas vécu inutilement » fin de citation, les autorités togolaises ont institué depuis le 1er juin 1977, la Journée nationale de l'arbre.

Il s'agit de l'invite faite à tous nos compatriotes de planter des arbres afin de stimuler le reboisement, lutter contre la déforestation et favoriser le développement durable. Cette pratique a permis de faire passer le taux de reboisement annuel de 1 000 hectares dans les années 1980 à 2 000 hectares en 2010.

Pour soutenir cette politique et donner plus de viabilité à la gestion durable et à la protection des forêts, le Togo s'est doté d'une loi, la loi n° 2008-009 du 19 juin portant Code forestier qui est toujours en vigueur.

A ce jour, et dans une synergie d'actions, pouvoirs publics, secteur privé, collectivités locales, nous avons délimité et sécurisé 485 583 ha d'aires protégées. Dans la même optique, nous nous sommes engagés à restaurer 1 400 000 ha de paysages forestiers à l'horizon 2030 comme cible nationale de l'initiative africaine consistant à restaurer 100 000 000 ha de paysages forestiers d'ici à 2030. Par ailleurs, la volonté manifeste du Togo s'est traduite par l'adoption de la loi n° 2018-005 du 14 juin 2018 portant Code foncier et domanial qui a, entre autres, objectifs de sécuriser le foncier et susciter ainsi des plantations privées comme c'est le cas de la teckeraie.

L'industrie de transformation du bois est un secteur porteur et je voudrais saluer, à sa juste valeur, les politiques de l'OIBT en faveur de la transformation du bois dans les zones de prélèvement. La transformation endogène du bois dans les zones de production amplifiera certainement leurs potentiels économiques et leur permettra de redonner espoir à des populations vulnérables qui ont des attentes légitimes liées à l'emploi et à l'accès aux services sociaux de base.

Pour toutes ces raisons, le Togo s'est doté d'un nouveau référentiel de développement et de transformation structurelle de l'économie nationale. Il s'agit de l'adoption du Plan national de développement (PND) sur la période quinquennale de 2018-2022. Ce plan structuré en trois principaux axes stratégiques s'inscrit clairement dans la Vision 2020 de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), dans l'Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable et dans l'Agenda 2063 de l'Union Africaine. A travers le PND, le Togo attend transformer structurellement son économie, pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d'emplois décents.

D'ici à 2022, notre déclaration nationale de politique forestière, qui est en grande partie une appropriation togolaise des conventions internationales dans le registre de la protection de l'environnement, et le PND constituent le cadre de planification de notre gouvernance forestière. La gestion durable des forêts nationales et les biens et services qu'elles offrent nous permettra de relever sensiblement la contribution du secteur forestier à notre PIB, cette contribution n'est actuellement que de l'ordre 2,8%.

Le Togo entend renforcer les conditions favorables à la protection et à la préservation des forêts et à la promotion de « l'économie verte »

. Dans cette dynamique, notre pays sait qu'il peut compter sur l'appui des partenaires afin qu'une attention soutenue soit accordée aux questions aussi importantes que la certification des forêts, la préservation de la biodiversité, le respect du droit dans le commerce du bois, le payement des services environnementaux et surtout la « foresterie communautaire »...

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Télégramme228

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.