Algérie: Menace de boycott sur la présidentielle

Le président Abdelaziz Bouteflika
5 Décembre 2019

L'élection présidentielle du 12 décembre est peut-être la plus difficile du pays. Les opinions pour et contre sont dans un face-à-face inattendu et seul le taux de participation pourra les départager.

Les Algériens s'apprêtent à élire un nouveau président, huit mois après le départ forcé d'Abdelaziz Bouteflika l'ex-président. Mais le pays est secoué par un mouvement de contestationet une division qui s'accentue à mesure qu'approche la date fixée pour l'élection. Les Algériens qui sont pour et ceux qui sont contre se livrent à un face-à-face inattendu et seul le taux de participation pourra les départager. La décision pourrait se faire parmi les indécis.

Les optimistes et les déçus

Pour Karim, représentant d'un des candidats en lice, les urnes sont incontournables et "il ne faut pas sortir du cadre constitutionnel. Il faut élire un président et ensuite lui demander les réformes qu'il faut pour le pays. Pour nous, le prochain président sera celui de tous les Algériens, c'est-à-dire ceux qui auront voté et ceux qui auront boycotté".

Mais l'avis de Karim tranche avec celui d'une bonne partie de la population algérienne. Djaafar un ingénieur déclare "ne plus avoir confiance en personne. Nous avons en face de nous les mêmes paroles, les mêmes pratiques... tous se répètent et j'ai le sentiment qu'on n'a pas bougé du point zéro".

Encore des indécis

Entre ceux qui désirent aller aux urnes et ceux qui veulent boycotter le scrutin, il y a ceux que l'on appelle la "majorité silencieuse". Il s'agit des Algériens indécis, à l'instar de Réda, un étudiant qui se dit "sceptique et indécis".

"Pour tout dire, c'est le flou total, je ne vois pas de solution", avoue le jeune Algérien.

L'organe en charge de l'élection a donc le défi de mobiliser les électeurs durant les quelques jours qui restent avant la date du scrutin (12.12.19). Les indécis qui se prononceront au dernier moment pourraient déterminer le taux de participation, une donnée importante pour la légitimité du futur président.

Pour l'heure, seul un sujet fait consensus dans le pays : conserver le caractère pacifique des manifestations.

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