Sénégal: Extrémisme violent et éducation - Le GIRES disséque les facteurs de risque

6 Décembre 2019

Dans un rapport final sur l'action pilote pour la prévention de l'extrémisme violent par l'éducation, le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l'éducation et les savoirs (Gires) a fait savoir que les dérives inter et intra confrériques et la faillite de l'école formelle, de type occidental, constituent des facteurs de risque d'extrémisme violent.

Le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l'éducation et les savoirs (Gires) s'est intéressé au phénomène de l'extrémisme violent et sa prévention par l'éducation, à travers une étude réalisée dans le cadre du Programme de prévention de l'extrémisme violent en Afrique de l'Ouest et dans le bassin du lac Tchad.

Une cohorte de chercheurs, d'experts en éducation, d'acteurs institutionnels et de la société civile a touché 143 personnes, réparties entre les focus group (86) et les entretiens individuels (57), pour pouvoir analyser l'extrémisme violent et sa prévention par l'éducation, notamment des dispositifs et stratégies de prévention dans les programmes et contenus scolaires au Sénégal.

Quels liens établir entre offres éducatives et extrémisme religieux au Sénégal ? Plus explicitement, existe-t-il une logique d'endoctrinement, aux fins de radicalisation, dans certains secteurs de l'enseignement au Sénégal ?

Les programmes d'enseignement prennent-ils en charge les questions liées à l'extrémisme religieux et à la prévention d'un tel phénomène ? Quelles dispositions et stratégies mettre alors en place pour la prévention de la radicalisation ?

Ces questions principales de recherche ont permis au Gires de retenir de fortes résultantes. L'étude insiste d'abord sur l'exigence de ne pas établir une corrélation fonctionnelle entre l'extrémisme violent et l'islam.

Il ressort que l'intolérance qui mène à l'extrémisme violent n'est pas l'apanage exclusif de l'islam. L'étude se penche sur le cas de l'Institution Sainte Jeanne d'Arc de Dakar, pour montrer que les risques de violence peuvent provenir aussi de la restriction aux croyants de vivre et de pratiquer leur religion.

L'autre facteur de risque d'extrémisme violent est le confrérisme exacerbé, selon le rapport, avec comme corollaire une forte concurrence entre confréries.

Le Gires pense que « le discours « confrériste», reposant sur une survalorisation de soi et, partant, sur la dévalorisation voire la négation de l'autre, peut sécréter de l'extrémisme violent. Présentement, ce confrérisme, qui développe un patriotisme confrérique, a cours dans l'espace scolaire avec les manifestations et associations religieuses qui y prolifèrent ».

La faillite de l'école formelle, de type occidental, a été retenue comme un autre facteur à prendre en compte dans l'identification des facteurs de risque de l'extrémisme violent, selon l'étude reposant sur les propos de la perception sur l'extrémisme violent des personnes enquêtées.

Autrement dit, la prévention de l'extrémisme n'est pas explicitement prise en compte dans la formulation des compétences, des objectifs et des contenus d'enseignement- apprentissage, après une analyse documentaire, entre autres, du Curriculum de l'éducation de base, du programme des écoles publiques classiques, du programme des écoles franco-arabes publiques (élémentaire et moyen).

A l'analyse de ces déterminants de l'extrémisme violent, l'étude mise sur le rôle de l'éducation dans la prévention. Par ce canal, il est question de consolider la résilience à l'extrémisme violent par l'éducation à la citoyenneté mondiale, par la promotion de la tolérance et de la cohésion sociale.

Pour ce faire, les chercheurs préconisent la réadaptation des programmes pour une prise en charge efficiente de la prévention et faire l'encadrement de l'environnement scolaire, par une gouvernance communautaire et inclusive de l'école.

Plus de: Sud Quotidien

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