Sénégal: Chine - Seuls 50 étudiants boursiers sur les 350 inscrits dans les facultés

6 Décembre 2019

Les étudiants ressortissants du Sénégal et inscrits dans les universités de la Chine traversent des situations précaires et préjudiciables. Sur les 350 inscrits, seuls 50 sont détenteurs d'une bourse d'études délivrée par la République populaire de Chine. Le reste doit se prendre en charge.

A défaut et même pour un centime de redevance, c'est la prison, suivie de la déportation vers le pays d'origine.

Il en est de même pour ceux ne pouvant pas renouveler leur passeport alors que la représentation diplomatique du Sénégal à Pékin n'est pas en mesure d'établir ces titres de voyage. La galère est à la racine du découragement !

Ils sont au total 350 étudiants sénégalais inscrits dans les différentes facultés universitaires de la Chine. Ici, les défis sont immenses pour prétendre à de réelles performances dans les études.

C'est d'abord la barrière linguistique. Bécaye Cissokho Ndiaye, le président des étudiants ressortissants du Sénégal en Chine déclare que «dans n'importe quelle filière qu'on a envie de faire ici, en Chine, il faut impérativement apprendre le chinois, au moins durant un semestre. C'est par obligation, que tu fasses le chinois ou l'anglais.

Disons qu'il y a une année de langue avant que tu ne fasses ton cursus normal». Le comble, c'est que si l'étudiant n'est pas boursier et se trouvant dans l'incapacité de payer ses frais d'études, il est tout simplement envoyer en prison et même rapatrié.

«Si tu n'es pas boursier, c'est lourd de prendre en charge le semestre de cours car, les frais avoisinent un million de francs CFA, sans compter les frais de logement et de subsistance.

Et si, par malchance, tu n'as pas la possibilité de renouveler ton passeport et que tu passes un seul jour de plus ici, tu es passible d'une peine d'emprisonnement», a indiqué Bécaye Cissokho Ndiaye.

Au plan administratif, c'est la croix et la bannière pour renouveler son passeport. Et rien que pour ce service, le ressortissant sénégalais doit se rendre à Dakar ou en France ou encore aux Etats-Unis d'Amérique, déplore Bécaye Cissokho Ndiaye, le président des étudiants sénégalais en Chine.

«Si vraiment nous pouvons disposer d'une agence ici, en Chine, pour renouveler nos passeports, ce sera bien car, pour ce service, il faut se rendre à Dakar, en France ou au Etats-Unis d'Amérique. Alors que c'est cher et très loin d'ici».

«En tant qu'Ambassade, nous n'avons pas de solutions à ce problème-là car, si un étudiant vient par ses propres moyens.

«CE N'EST PAS A L'AMBASSADE DE S'OCCUPER DE CES PROBLEMES DE SURVIE D'UN ETUDIANT ARRIVE EN CHINE PAR SES PROPRES MOYENS, MEME SI...»

Interpellé sur cette situation de nos compatriotes qui ont choisi la Chine pour parachever leur formation, Mamadou Ndiaye, l'ambassadeur du Sénégal en Chine, répond qu'il n'y a aucune prise en charge particulière pour les étudiants non boursiers venus à leurs propres frais.

«En tant qu'Ambassade, nous n'avons pas de solutions à ce problème-là car, si un étudiant vient par ses propres moyens, ce n'est pas à l'Ambassade de s'occuper de ses problèmes de survie. Cependant, il nous arrive d'apporter un soutien financier à ceux qui sont dans des situations difficiles», relève M. Ndiaye.

Au sujet de l'établissement des passeports, le diplomate sénégalais à Pékin explique que «quand il y a un grand nombre de Sénégalais qui ont un besoin de passeports, nous essayons de voir avec le ministère de l'Intérieur et celui des Affaires étrangères comment faire déplacer une mission d'établissement des passeports.

Ce n'est pas toujours évident car c'est souvent une ou deux personnes qui en expriment la demande. Et faire déplacer une mission pour juste cela, c'est difficile et couteux», a-t-il notamment fait observer.

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