Sénégal: Décret d'application du nouveau code de la presse - Abdoulaye Diop «évasif» sur la date

6 Décembre 2019

Adopté à la majorité hier, jeudi 5 décembre, le vote du budget du ministère de la Culture et de la Communication a permis de revenir sur le nouveau Code de la Presse. Les députés ont, en effet, plaidé pour son application.

Toutefois, le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, n'a pas avancé de date pour le décret d'application.

La situation des journalistes inquiète les députés. Lors du vote du projet de budget 2020 du ministère de la Culture et de la Communication hier, jeudi 5 décembre au niveau de l'Hémicycle, les députés ont interpellé le ministre Abdoulaye Diop sur l'application du nouveau Code de la Presse.

«La question de la formation des journalistes constitue une préoccupation de notre pays. On a de sérieux problèmes dans notre pays parce qu'on a une grande tradition avec des intellectuels de très haut niveau comme Bara Diouf, Babacar Touré, Babacar Fall.

Aujourd'hui malheureusement, on a des problèmes de recyclage, de perfectionnement et le niveau a chuté et la profession est très malheureuse.

Elle demande de l'aide et de l'appui. Je pense qu'il y a un travail à faire dans ce sens», a déclaré le député de la coalition Benno Bokk Yaakaar, Cheikh Tidiane Gadio.

Prenant la parole, le député Samba Ndiaye a demandé à l'Etat de sanctionner les patrons de presse qui n'appliquent pas la nouvelle Convention Collective.

«L'Etat doit organiser des inspections dans les rédactions pour voir les patrons de presse qui n'appliquent pas la Convention Collective, les poursuivre en justice», a-t-il fait savoir.

«METTRE UN TERME A L'ANARCHIE DANS LA PRESSE EN LIGNE»

A son tour, le député Aymirou Gningue est revenu sur les lois concernant la presse votées à l'Assemblée nationale.

«Nous avons voté la loi sur le Code de la Presse en 2017 ainsi que celle sur la Communication Electronique et il nous faut des décrets d'application parce ce qui se passe dans ce pays ne peut plus continuer.

Il faut mettre un terme à l'anarchie dans la presse en ligne», a dit le président du Groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar.

Répondant aux parlementaires, le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop dira: «le Code de la presse a été discuté avec l'ensemble des acteurs. Au-delà de ça, il faut continuer à encadrer.

Le projet de décret portant sur les avantages et obligations des entreprises de presse, en particulier le financement de service public, est bon.

Le projet de décret portant création de Fonds d'Appui et de Développement pour remplacer l'Aide à la Presse, on nous a demandé que les deux projets de décret soient conduits en un seul projet.

C'est présentement chez le Secrétaire général du gouvernement, ça veut dire qu'on est là-dessus.

Mais avant ça, il faut qu'on s'entende parce que les meilleurs décisions sont des décisions consensuelles». Pour Abdoulaye Diop, le nouveau Code de la Presse va également assainir l'environnement de la presse en ligne, a-t-il dit, en réponse à Aymirou Gningue.

BUDGET 2020 DU MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION : Abdoulaye Diop «pèse» 22.805.610.234 F Cfa

Le projet de budget 2020 du ministère de la Culture et de la Communication s'élève à 22.805.610.234 F Cfa en crédits de paiement.

Les autorisations d'engagement sont évaluées à 37.801.000.000 F Cfa. Le budget est réparti pour quatre programmes. Les crédits du programme 1 qui consiste à la Promotion et Valorisation des industries culturelles, sont arrêtés à 8.351.425.100 F Cfa en crédits de paiement.

Pour le programme 2 qui est Développement et Encadrement du secteur de la communication, ses crédits sont estimés à 13.000.000.000 F Cfa. Quant au programme 3 qui à trait à la Promotion et Valorisation du patrimoine culturel, les crédits sont arrêtés à 4.252.446.042 F Cfa en crédits de paiement.

Et pour le programme 4 dénommé Pilotage, Coordination et Gestion administrative, les crédits sont estimés à 560.861.092 F Cfa en crédits de paiement.

Le budget 2020 du ministère de la Culture et de la Communication a subi un réaménagement car un montant de 10.500.000.000 F Cfa qui était prévu pour la construction du Centre d'exposition de Diamniado a été transféré au ministère du Commerce.

ABDOULAYE DIOP AUX DETRACTEURS DE L'HISTOIRE GENERALE DU SENEGAL : «La tolérance sénégalaise doit prévaloir»

«Ayons le plaisir et la satisfaction qu'on dit au Sénégalais: «écrivez-vous-mêmes votre histoire». Notre histoire a été toujours écrite par les autres avec un œil différent.

Aujourd'hui, on nous donne la possibilité de dire à des Sénégalais, mettez-vous ensemble, écrivez-vous-mêmes parce que notre histoire ne s'arrête pas à la colonisation ou l'esclavage.

Nous avons existé bien avant ça, en tant que société structurée, organisée. Je crois que la tolérance sénégalaise doit prévaloir. J'ai tout le bonheur de dire que mes compatriotes qui sont des historiens, je vais être un peu plus tolérants.

Quand on n'est pas tolérants, on ne pourra jamais vivre ensemble. Il peut y avoir des insuffisances, certes, mais qui connait le profil des gens, ils ont la légitimité pour écrire. Le respect des autres, c'est admettre. Ils ont du recul.

J'ai rencontré ces gens qui sont des merveilleux. Eux-mêmes me disent, il y a des choses à parfaire. Cette histoire nous amène à l'identité. On peut reconvertir cet écrit qui est un volume en une œuvre théâtrale».

CHEIKH TIDIANE GADIO, DEPUTE BENNO BOKK YAAKAAR : «Wade mérite d'être mentionné à côté de Senghor chaque fois qu'on...»

«Le Mémorial de Gorée peut être un tournant dans l'histoire culturelle de notre pays et dans notre rapport avec la diaspora. Il faut féliciter la décision du président Macky Sall d'amener ce projet jusqu'à terme...

Dans le rapport, il a été mentionné le président Senghor comme grand marqueur de l'histoire culturelle du Sénégal. Je pense que c'est bien, mais c'est insuffisant pour dire les choses honnêtement.

Le président Abdoulaye Wade n'a pas été simplement un grand leader politique et panafricaniste, il a été aussi un grand acteur de notre culture.

Le Grand Théâtre, le Musée des Civilisations Noires, ce que le président Wade a fait avec le Fesman, les deux Conférences des intellectuels d'Afrique et de la Diaspora ... il mérite d'être mentionné à côté de Senghor chaque fois qu'on parle de la culture dans ce pays».

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