Cameroun: Epidémie - Pourquoi la rougeole resurgit

A Yaoundé, plusieurs familles encadrent des enfants déjà touchés. Elles ne s'aperçoivent pas toujours de l'infection aux premiers moments. Une campagne de vaccination a démarré mercredi, 4 décembre 2019

Deux enfants touchés en moins d'une semaine. Salomé Bana ne s'attendait pas vraiment à avoir deux malades sous la main au même moment. Ses deux fils, âgés de 3 ans et de 23 mois ont été touchés par la rougeole. Tout a démarré un jeudi. Son fils Robert Yohann, alors très joueur, faisait une fièvre.

Un peu plus forte que d'habitude. Au début, Salomé lui donne des calmants pour la douleur. Sans effet réel.

« En plus de faire la fièvre, il a eu la diarrhée, a vomi, avait une irruption cutanée et des yeux larmoyants », dit-elle. La mère soupçonne pire qu'une simple fièvre. Tous les symptômes d'une rougeole apparaissent pour Salomé.

Le 28 octobre, elle se rend à l'hôpital de district de Biyem-Assi. Après consultation, un prélèvement est effectué chez l'enfant et le patient est hospitalisé. L'histoire ne s'arrête pas là. Robert Yohann a un frère cadet avec qui il dort à la maison, au quartier Mendong.

Dans la nuit, les mêmes symptômes apparaissent chez Jérôme Lohann. Tôt le matin, le plus jeune rejoint son frère et est lui aussi hospitalisé dans cette formation sanitaire. Les deux enfants y ont passé deux nuits et trois jours.

« Ils avaient effectivement la rougeole. Je n'en doute plus. A l'hôpital, ce sont principalement les symptômes qui ont été soignés et je suis rentrée avec eux. Je continue la surveillance à la maison », indique la mère de famille.

Salomé Bana ne doute pas de ce que la maladie venait de l'école privée que fréquente son fils aîné. Là bas, les institutrices disent avoir vérifié et juste des légères fièvres chez d'autres enfants.

A l'hôpital de Biyem-Assi, un point focal chargé de la surveillance épidémiologique suit le registre à cet effet. Alphonse Mvogo a déjà recensé trois cas dans son registre entre septembre et novembre 2019. Les autres sont juste venus en consultation.

Avec la surveillante générale de l'hôpital, ils organisent les différents points de vaccination et la descente à effectuer sur le terrain en vue de la campagne de vaccination.

Dans son bureau, une affiche indique les symptômes définissant un cas clinique suspecté de rougeole : fièvre + irruption maculopapulaire+toux ou nez qui coule ou conjonctivite.

Cette structure sanitaire fait partie des 46 districts de santé déjà touchés par la maladie au Cameroun. Mais la riposte sera globale. De plus, elle ne va pas se limiter uniquement à ces districts.

La cible de la campagne de vaccination de cinq jours entamée hier 4 décembre, ce sont les enfants de 0 à 59 mois.

Cette campagne concerne également la rubéole, qui se manifeste quasiment avec les mêmes symptômes mais, moins fréquente dans cet hôpital de district.

Plus de: Cameroon Tribune

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