Ile Maurice: Luc Cheung - «Mauritius.com veut devenir le one-stop shop de la diaspora»

6 Décembre 2019
interview

À travers son portail, Mauritius.com, cet entrepreneur, qui a longtemps vécu en Grande-Bretagne, ambitionne d'offrir, sous un même toit, tout ce que pourrait rechercher un touriste désirant découvrir Maurice. Selon Luc Cheung, la stratégie nationale de marketing nécessite un sacré coup de fouet, afin de promouvoir, comme il se doit, la destination mauricienne.

Mauritius.com il y a vingt ans et le portail Web aujourd'hui... Votre projet pour faire connaître Maurice a-t-il évolué à votre satisfaction ?

Je dirai que ça a évolué comme je le voulais. À l'époque, je n'avais pas exploité ce projet au maximum de son potentiel. Mais je voyais déjà que la technologie, le marché touristique et même la mentalité des gens évoluaient rapidement vers le numérique. Maintenant, je veux pousser encore plus loin le projet.

À l'époque, j'ai acheté ce portail comme un outil marketing pour aider mon business mais Internet était encore nouveau dans les habitudes. Toutefois, j'avais anticipé que l'avenir serait tout autre et que le travail et commerce en ligne seront légion. Moi j'étais en Angleterre, j'avais aussi une agence de voyages qui ne vendait que la destination Maurice et Mauritius.com a fonctionné dès le premier jour. Je comprenais déjà comment fonctionnait l'e-commerce ayant reçu des formations de British Airways. Si les tour-opérateurs avaient des brochures papier, moi mes brochures étaient en ligne.

Quel est le nouveau souffle que prendra Mauritius.com ?

Les gens passent de moins en moins par les tour-opérateurs. Ils réservent billets d'avion et hôtels, entre autres, directement sur des plateformes de réservation en ligne. Éventuellement, les tour-opérateurs traditionnels disparaîtront, on n'a qu'à voir l'exemple de Thomas Cook.

Le commerce en ligne va déjà très vite à Maurice. Parfois le service est mieux en ligne que dans une agence. Le niveau du service est important. Maintenant on peut toujours aider le client en ligne, avoir un service de concierge virtuel et ré- pondre aux questions des clients directement.

On parle de déclin du secteur touristique à Maurice, comment y faire face ?

Il faut faire un marketing intelligent de la destination. Pour ma plateforme, le nom du portail en lui-même, Mauritius.com, s'avère un avantage : c'est simple et direct. Quand une personne cherche n'importe quoi à propos de Maurice, la réponse doit se trouver sur Mauritius.com.

Le produit Maurice, sur ces vingt dernières années, a connu une certaine baisse. Les autorités n'ont pas vraiment développé le marché et diversifié l'offre. On vise les honeymooners, ceux qui ont de l'argent, c'est bien, mais ce n'est pas tout. Les retraités, par exemple, représentent un marché énorme et les produits doivent s'adapter à cela. Les retraités ont de l'argent et ont du temps. Les jeunes n'ont pas d'argent et pas de temps avec des emprunts à payer et des enfants à l'école alors que le retraité est libre. Faire uniquement des événements bling-bling ne suffit pas pour séduire une masse touristique. Il faut réadapter le marketing de la destination.

Actuellement sur quel marché concentrez-vous votre marketing de la destination mauricienne ?

Le marché chinois. J'ai un bureau basé à Shanghai. Le marché a certes diminué mais j'arrive à gérer, nous avons des clients. La destination Maurice a pris beaucoup de temps à s'adapter au marché chinois. La réflexion des autorités était que la stratégie de marketing qui fonctionne en Europe devrait fonctionner également en Chine mais c'est totalement différent, leur mentalité et même leurs envies sont différentes. Le Chinois ne veut pas bronzer et aime manger ses plats chinois même en vacances. Il y a des lacunes à notre stratégie pour le marché chinois. Il faut encore un gros travail pour redresser ce marché. Les autorités ne veulent même pas revoir leur manière de travailler ce marché.

Quid des tour-opérateurs chinois ?

Ils ne sont plus intéressés à faire des efforts non plus. À titre d'exemple, les Chinois ont plus de cent destinations à vendre, que ce soit Maurice ou les Seychelles ou les Maldives, ils veulent juste vendre. Qu'ils ne vendent pas la destination Maurice n'est pas un problème pour eux. Je travaille avec un opérateur chinois mais pour moi ça va, j'ai les contacts aussi pour trouver les touristes chinois et les intéresser à venir à Maurice. J'ai organisé des événements aussi, des mariages à Maurice ou encore le Mauritius.com golf challenge Maurice-Chine, mais nous n'avons pas toujours le soutien des autorités ici.

Vous souhaitez attirer la diaspora vers une même plateforme. Comment ?

Ce travail, je l'ai démarré il y a bien des années avant même d'acheter le portail Mauritius.com. J'avais une base de données, quand j'étais en Angleterre, des Mauriciens qui y habitent aussi. Je notais leurs adresses et numéros de téléphone et j'utilisais cette base de données pour mon marketing. C'est alors que je forme le Mauritus Reunion Club. Je collaborais avec British Airways : j'essayais de remplir les places vides des vols à travers mon club.

Mauritus.com peut devenir le one-stop shop de la diaspora pour Maurice. Ils peuvent tout trouver sur cette plateforme : hébergement, vol, restaurant, parcours de golf, organisation de mariage ou de conférence, lancer un business ou créer des contacts, un réseau. Je suis ouvert à tout projet de partenariat, il faut analyser les projets. Je veux réunir différents prestataires de service sous un même toit. L'objectif final : promouvoir Maurice.

Plus de: L'Express

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