Sénégal: Le chef de l'Etat réquisitionne les travailleurs de la SDE

Dakar — Le chef de l'Etat a pris, vendredi, un décret portant réquisition du personnel de la Sénégalaise des eaux (SDE) pour "assurer la continuité du service public de l'eau potable dans le périmètre affermé confié à la SDE".

"Est réquisitionné à compter du 6 décembre 2019 à 20h jusqu'au 31 décembre 2019, l'ensemble du personnel de la Sénégalaise des eaux (SDE) pour assurer la continuité du service public de l'eau potable dans le périmètre affermé confié à la SDE", selon le décret consulté par l'APS.

Le texte ajoute que "le ministre des Forces armées, le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Eau et de l'Assainissement, le ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les institutions sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel".

Le ton est monté entre le gouvernement et les travailleurs de la Sénégalaise des eaux (SDE) qui ont entamé lundi une grève pour réclamer une part de 15% dans le capital de Suez France qui prend le relais de la SDE dans la distribution de l'eau en milieu urbain, à partir du 1er janvier.

Dans le cadre de la mise en place de la société qui sera chargée, à compter du 1er janvier 2020, de la gestion du service public de la production et de la distribution d'eau potable en zone urbaine et périurbaine, et à la suite d'une demande des travailleurs du secteur de l'eau et de l'assainissement, le gouvernement, selon son porte-parole, a décidé de porter la part des travailleurs dans le capital de 5 à 10%.

Dans un communiqué, la ministre porte-parole du gouvernement, Ndèye Tické Ndiaye Diop a précisé "dans un souci d'équité, pour tenir compte de l'unicité du secteur, que ces 10 % seraient répartis entre tous les travailleurs de l'hydraulique urbaine et périurbaine, c'est-à-dire, outre ceux de la SDE, ceux de l'Office national de l'Assainissement du Sénégal (ONAS) et de la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES) ; dans ce contexte, la dernière répartition proposée par le Gouvernement a été la suivante : SDE 7%, ONAS et SONES 3%".

Selon le communiqué, "cette proposition a été rejetée par les travailleurs de la SDE qui exigent que l'intégralité des 10% leur soit réservée, au détriment des deux autres composantes, et ont en conséquence entamé un mouvement de grève qui dure depuis le 2 décembre 2019, avec d'actes de sabotage inacceptables".

La porte-parole ajoute que "malgré le caractère illégal et illégitime de la grève parce que des travailleurs ne peuvent pas déclencher une grève pour exiger une participation au capital d'une société privée, le gouvernement a tenu à poursuivre les négociations jusqu'au dernier moment".

Elle souligne que le Ministre de l'Eau et de l'Assainissement "a encore reçu les représentants des travailleurs de la SDE, le vendredi 6 décembre 2019, à compter de 15h45 ; ces consultations se sont poursuivies jusqu'à 19h20, sans qu'aucune avancée ne soit notée".

Ndèye Tické Ndiaye Diop indique qu'en "application des dispositions de la Constitution (... ) l'autorité compétente peut à tout moment procéder à la réquisition des travailleurs du secteur privé qui occupent des postes indispensables à la sécurité des populations et des biens, au maintien de l'ordre public, à la continuité des services publics et à la satisfaction des besoins essentiels de la Nation".

Ainsi, le président de la République "a pris le décret n°2019-2067 de ce jour pour la réquisition des personnels de la SDE, selon Ndèye Tické Ndiaye Diop.

"L'eau est vitale. Elle conditionne le bien-être et la santé des populations. Elle est un droit humain fondamental", dit-elle.

Selon elle, le gouvernement "appelle donc, encore une fois les représentants syndicaux de la SDE au sens des responsabilités afin qu'il soit mis fin à cette grève et se doit de rappeler que tout manquement à cette réquisition sera puni conformément à la loi".

Plus de: APS

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