Congo-Kinshasa: La Lucha proteste contre l'arrivée des généraux Numbi et Amisi à Beni

À Beni, territoire meurtri par les massacres des rebelles de l'ADF, l'arrivée de certains militaires sous sanctions internationales, dont l'inspecteur général de l'armée John Numbi, crée le trouble. La société civile, dont le mouvement La Lucha, l'accuse d'avoir fait assassiner un de ses membres, Floribert Chebeya.

Cela fait une dizaine de jours que le chef d'état-major général de l'armée congolaise est en poste à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Le général d'armée John Numbi est, lui, arrivé en renfort pour « réarmer moralement les troupes » et apporter son appui pour la réussite des opérations contre les rebelles ougandais des Allied Democratic Forces (ADF), selon le porte-parolat de l'armée, ce qui est bien loin de rassurer.

« Nous protestons contre la présence de généraux affairistes à Beni, mais aussi des officiers sanguinaires, déclare Pax Boboto, militant du mouvement citoyen La Lucha, qui ne mâche pas ses mots. Nous ne voulons plus des officiers qui sont sous sanction de la communauté internationale. Ce qui nous fait tiquer beaucoup plus, c'est que nous apprenons que "Tango Four", le général Amisi Kumba, sera aussi à Beni. »

Sanctions internationales

Le général Amisi Kumba est le chef d'état-major général adjoint en charge des opérations et des renseignements. Comme John Numbi, il est sous sanctions de l'Union européenne et dans le collimateur des États-Unis. L'un comme l'autre ont été soupçonnés de soutenir des groupes armés et de réprimer les contestations. Pour le mouvement citoyen, les deux généraux doivent être « mis à la disposition de la justice et non pas intégrés dans les opérations ».

Pax Boboto interpelle le président Tshisekedi sur cette question. « Les mêmes têtes qui peuvent faire mouche contre sa tête, il est en train de les envoyer à Beni, affirme-t-il. Le chef de l'État doit faire la part des choses, purger la chaîne de commandement qui doit conduire les opérations. »

Les généraux John Numbi et Amisi Kumba dit « Tango Four » contestent la légalité de ces sanctions et ont appelé par l'intermédiaire de leurs avocats à ce qu'elles soient levées. Les organisations de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), ont toutes exigé leur maintien. L'Union européenne devrait rendre publique sa décision d'ici au 9 décembre prochain.

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