Congo-Kinshasa: Beni - Instauration d'un « chek-point » pour faire face au nouveau système de terrorisme

7 Décembre 2019

La décision des dirigeants de la ville de Beni est consécutive au nouveau mode opératoire que l'ennemi vient récemment de réveiller en ville de Beni. Camouflé avec une grenade, il la largue dans la foule à la manière des djihadistes au Nigeria, en Somalie et ailleurs.

Le maire de Beni a alerté sur ce mode opératoire dont usent maintenant les insurgés en plein coeur de la ville. Devant la presse ce vendredi 6 décembre, Nyonyi Bwanakawa a indiqué que ces terroristes ont blessé trois civils dans un marché de la ville après avoir lancé parmi eux une bombe avant de s'échapper.

L'autorité urbaine se souvient que ce système avait déjà été vécu dans son entité juste au lendemain du début des opérations Sokola 1, en 2014. Elle considère ainsi que la situation est explosive et qu'il est fort probable que la population soit déjà infiltrée par les assaillants qui surveillent son mouvement, surtout que la ville est confrontée à la présence ADF.

« L'heure est grave, l'heure est très grave. Parce que la ville de Beni est en proie aux massacres. Nos ennemis, ce sont les ADF. Pas plus tard qu'hier, nous avons assisté à un nouveau mode de terrorisme. Ce mode de terrorisme, nous y avions assisté en 2014, au lendemain du début des opérations Sokola 1. Nos ennemis, nous constatons qu'ils décident de commencer à larguer des grenades par dessus la population de la ville de Beni. Nous ne saurons venir à bout de ce terrorisme si nous tous nous ne nous mettons pas ensemble et d'accord par rapport au mode de lutte que le comité urbain de sécurité a déckdé de mettre sur pied », dit-il.

Pour parer à toute éventualité, le comité urbain de sécurité de Beni promet mettre en place un système de contrôle imposé à tous les passants, question de dénicher le semeur de l'insécurité dans la ville. Bien plus, les autorités demandent à leurs administrés de garder un œil attentif sur tous les mouvements pour éviter que la ville sombre dans le chaos.

« Le comité urbain de sécurité va recourir au système de « chek-point ». Ce sont les barrières intempestives que vous pouvez trouver à n'importe quel point de la voirie urbaine de la ville de Beni là où vous trouvez des forces de l'ordre qui vous arrêtent et qui commencent à faire la fouille, soit dans votre véhicule, soit sur votre moto, soit dans les marchandises que vous êtes en train de transporter. Nous demandons à la population, chaque fois que vous vous retrouverez devant un « chek-point », obtempérez, voyez ce que l'on va faire, il n'y a rien de tracasserie », promet Nyonyi Bwanakawa.

Il sied de rappeler que depuis 2014, ce genre de terrorisme n'était plus vécu, même si des attaques sous d'autres formats, elles, s'intensifiaient. Nombreux observateurs soutiennent que la ville de Beni est en danger permanent pour autant que le tueur, jusqu'alors pas bien identifié, rode encore autour de cette agglomération. D'ailleurs, lors de l'incendie de la mairie au cours de la manifestation contre la Monusco le lundi 25 novembre dernier, bien des analystes ont soupçonné la présence des éléments suspects parmi les manifestants et qui auraient facilité le saccage de ce symbole de l'État.

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