Madagascar: Manifestation de l'opposition - Risque d'affrontements ce jour

Plusieurs éléments de la gendarmerie nationale ont pris position, hier, près du domicile de l'ancien président Marc Ravalomanana à Faravohitra.

L'opposition prépare ce jour la première manifestation publique contre le régime Rajoelina. En effet, le clan Ravalomanana refuse d'accepter sa défaite lors des élections communales à Tana. Un appel à la mobilisation au niveau de tous les quartiers de la capitale a été lancé. Les « Zanak'i Dada » prévoient de sortir les « sarombilany », les sifflets et les mégaphones pour se faire entendre et pour exprimer leur mécontentement par rapport aux résultats du scrutin. Pour cette démarche, le « Tiako i Madagasikara » bénéficiera du soutien d'autres partis et formations politiques de l'opposition, dont l'ancien parti au pouvoir, le « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara » (HVM). A travers un communiqué publié hier et signé par son Secrétaire général, Rachidy Mohamed, le HVM lance un appel à l'endroit de la population afin de « prendre ses responsabilités et de se lever car le droit et la dignité du peuple ont été bafoués ».

Mobilisation. C'est la première fois depuis le départ de Hery Rajaonarimampianina que son parti s'exprime avec une telle virulence contre le régime actuel. Ceci démontre la détermination, cette fois-ci, de l'opposition à aller jusqu'au bout de son action. D'après les informations, la mobilisation de ce jour n'est que le début. D'autres actions vont suivre. L'opposition envisagerait d'exploiter les problèmes sociaux actuels tels que le délestage et les coupures d'eaux qui perdurent au niveau de plusieurs quartiers de la Ville des Mille. Il serait même question d'une collaboration avec des leaders syndicaux afin de créer simultanément différents foyers de tensions. La question est donc de savoir si les grèves des enseignants chercheurs et des étudiants au niveau des universités d'Antananarivo, de Fianarantsoa, ainsi qu'une éventuelle reprise de grève des maîtres FRAM, n'auront pas de dessous politique. En tout cas, une réunion de préparation a eu lieu hier du côté de Fenoarivo.

Gros bras. Plusieurs têtes pensantes de l'opposition et des gros bras ont été aperçus sur les lieux. A l'allure où vont les choses, le risque d'affrontements n'est pas à écarter ce jour. En effet, face aux menaces de déstabilisation, les forces de l'ordre n'entendent pas rester les bras ballants. Les camps sont consignés. Des dispositifs de sécurité particuliers vont être installés dans le centre-ville et dans les quartiers considérés comme des « zones sensibles ». « Des arrestations ne sont pas à écarter en cas de débordements », a averti un haut gradé au niveau de la Gendarmerie nationale. Dans l'après-midi d'hier, plusieurs éléments de la Gendarmerie nationale, donc quelques éléments cagoulés, ont pris position près du domicile de l'ancien président Marc Ravalomanana à Faravohitra. Plusieurs pick-up de l'Emmo sécurité se sont garés sur le parking de la JIRAMA Ambohijatovo Ambony. Les riverains ont tout de suite fait un rapprochement avec une arrestation possible du numéro Un de l'Empire Tiko, qui a incité ses partisans à se lever pour contester les résultats des élections communales. Au moment où nous mettons cet article sous presse, aucune arrestation n'est signalée. Il s'agit probablement d'une mesure de dissuasion. Sur les réseaux sociaux, bon nombre de tananariviens, qui se disent las des troubles, encouragent les tenants du pouvoir à prendre des mesures et de faire preuve de fermeté face aux actes de déstabilisation. Reste à savoir si ces appels vont être entendus.

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