Guinée: L'opposition pleure ses morts lors d'un nouveau cortège funèbre

En Guinée, un cortège funèbre s'est une nouvelle fois formé ce vendredi 6 décembre au matin dans les rues de Conakry pour accompagner jusqu'à leur dernière demeure les corps de huit jeunes tués en marge des dernières manifestations contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Cette fois, aucune présence policière n'est visible de la morgue jusqu'au terme du parcours. Lors du cortège du 4 novembre, des heurts avaient éclaté faisant plusieurs morts. Quatre d'entre eux prennent aujourd'hui la direction de la mosquée accompagnés de leurs proches.

« Pour tous ces jeunes tués qui sont innocents. Par exemple Abdoul Aziz, c'est un jeune innocent qui n'avait même pas 20 ans. Vous imaginez ce que ça nous fait ? Il faut que cela cesse ! C'est pour ça qu'on est là et qu'on se battra jusqu'au bout. On ne l'oubliera jamais Inch'Allah ! »

« Mauvaise foi »

Dans un communiqué diffusé cette semaine, le procureur de Dixinn, Sidy Souleymane Ndiaye, annonçait que les enquêtes se poursuivaient. Ce dernier rappelle l'interdiction de modifier l'état des corps ou des lieux. Bilo Bah du FNDC (Front national de défense de la Constitution), reste circonspect : « On nous parle très souvent des autopsies, mais nous n'y avons pas accès. Ce qui explique leur mauvaise foi, leur manque de volonté d'aller jusqu'au bout par rapport aux enquêtes qu'ils ouvrent. On ouvre des enquêtes qui ne prennent jamais fin. »

Devant les cercueils, le rouge jeune vert en linceul les principaux leaders du FNDC se recueillent un instant. Puis Abdourahamane Sanoh, ancien ministre et figure de la société civile guinéenne prend la parole : « Nous voudrions rassurer surtout qu'aucun de ces assassinats ne restera impuni. Ne pas aller jusqu'au bout de la victoire finale serait trahir la mémoire de tous ceux qui sont tombés. » Après un léger mouvement de foule au carrefour de Babeto, un véhicule est incendié, mais les manifestants se dispersent finalement dans le calme.

Depuis le début du mouvement contre un éventuel troisième mandant d'Alpha Condé mi-octobre, une vingtaine de personnes ont perdu la vie pour la plupart des adolescents.

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Plus de: RFI

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